{"id":2267,"date":"2017-04-02T08:06:00","date_gmt":"2017-04-02T08:06:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=2267"},"modified":"2017-12-30T11:20:08","modified_gmt":"2017-12-30T11:20:08","slug":"dun-sourire-a-lautre-cest-la-rentree-pour-heloise","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=2267","title":{"rendered":"D\u2019un sourire \u00e0 l\u2019autre\u2026 C\u2019est la rentr\u00e9e pour H\u00e9lo\u00efse"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le texte ci-dessous est un retour spontan\u00e9\u00a0\u00e0 la diffusion \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=2235\"><em>D\u2019un \u00e9cran \u00e0 l\u2019autre \u2026 C\u2019est la rentr\u00e9e pour H\u00e9lo\u00efse<\/em><\/a>\u00ab\u00a0. Cette sympathisante y pr\u00e9sente sa propre version de notre histoire.\u00a0 Sa petite fille a illustr\u00e9 cette histoire avec son dessin. C&rsquo;est avec un grand plaisir que nous diffusons le texte ET le dessin.<br \/>\nCette \u00e9pisode ferme ainsi notre triptyque dont le second \u00e9tait \u00ab\u00a0<em><a href=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=2247\">D\u2019un \u00e9cran \u00e0 l\u2019autre \u2026 comment l\u2019informatique nous pollue<\/a><\/em>\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/dun-sourire-\u00e0-lautre.jpg\" rel=\"attachment wp-att-2268\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2268 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/dun-sourire-\u00e0-lautre-bd.jpg\" alt=\"d'un sourire \u00e0 l'autre - bd\" width=\"500\" height=\"353\" srcset=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/dun-sourire-\u00e0-lautre-bd.jpg 500w, http:\/\/www.projet-decroissance.net\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/dun-sourire-\u00e0-lautre-bd-300x212.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><em>Dessin de Sophie, 9 ans<\/em><\/p>\n<p>07h00, il fait encore nuit lorsqu\u2019une sonnerie retentit. C\u2019est le signal pour H\u00e9lo\u00efse, 10 ans, scolaris\u00e9 dans un coll\u00e8ge de banlieue parisienne. Elle se pelotonne avec d\u00e9lice dans sa couette toute chaude. Encore quelques minutes, puis maman viendra la r\u00e9veiller avec un baiser. H\u00e9lo\u00efse fera semblant de dormir tr\u00e8s profond\u00e9ment, juste pour prolonger ce moment de tendresse, o\u00f9 maman lui murmure des mots gentils \u00e0 l\u2019oreille, qui viennent se m\u00ealer \u00e0 son r\u00eave de cette nuit. Les yeux ferm\u00e9s, elle va respirer l\u2019odeur de sa maman toute fra\u00eeche, signal que la journ\u00e9e commence, qu\u2019il va falloir s\u2019activer, mais pas tout de suite\u2026 D\u2019abord, le c\u00e2lin, les bisous, pour s\u2019extirper en douceur du confort de la nuit. Il faut se lever ensuite, et aller d\u00e9jeuner. Quelques pas se font d\u00e9j\u00e0 entendre et s\u2019accompagnent de bruits sourds dans la cuisine. H\u00e9lo\u00efse s\u2019assoit en face de son bol, ses deux tartines, une pomme du jardin, qu\u2019elle regarde avec envie. Elle a un app\u00e9tit d\u2019ogre. Le petit d\u00e9jeuner est un de ses moments pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. Elle a pos\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle le troisi\u00e8me tome du cycle I de <em>La guerre des clans<\/em>. Elle a toujours un livre \u00e0 port\u00e9e de la main. Chaque livre te prolonge et favorise ta communication et ta connaissance du monde, a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 Mme. Dupr\u00e9, sa prof de fran\u00e7ais. H\u00e9lo\u00efse ne voit pas trop en quoi les palpitantes aventures de matous sauvages vivant dans la for\u00eat peuvent l\u2019instruire sur le monde, mais elle aime bien Madame Dupr\u00e9 et elle lui fait confiance. Diabolo, chat domestique, vient se frotter contre ses jambes en ronronnant. Peut-\u00eatre un jour nous quittera-t-il, pense H\u00e9lo\u00efse. Peut-\u00eatre un jour l\u2019appel de la libert\u00e9 sera le plus fort. Il aura \u00e0 subir plusieurs \u00e9preuves avant d\u2019\u00eatre accept\u00e9 dans le Clan du Tonnerre. Il aura un nouveau nom, forc\u00e9ment. Il s\u2019appellera Tornade Noire et gagnera le respect de ses cong\u00e9n\u00e8res, par son courage et son d\u00e9vouement. En attendant, Tornade Noire mastique sans conviction ses croquettes. D\u2019un coup, un bruit de cavalcade retentit dans la maison et Alexandre, le grand fr\u00e8re d\u2019H\u00e9lo\u00efse, vient s\u2019asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle. Il lui pique le pot de confiture d\u2019oranges am\u00e8res. Il n\u2019en reste plus beaucoup et H\u00e9lo\u00efse scrute avec inqui\u00e9tude la couche \u00e9norme qu\u2019il \u00e9tale sur sa tartine. Il va falloir que maman en refasse, et vite. Heureusement, le pot de miel est \u00e0 peine entam\u00e9. Les parents, quant \u00e0 eux, se pr\u00e9parent, rangent la cuisine. Ils rigolent et H\u00e9lo\u00efse, qui n\u2019a pas suivi la conversation, termine avec entrain sa derni\u00e8re tartine. Allez hop ! C\u2019est l\u2019heure. Un bref passage par la salle de bain, on enfile le manteau, les gants, l\u2019\u00e9charpe, et la voil\u00e0 dehors dans l\u2019air glac\u00e9. Elle n\u2019est pas assez grande pour aller au coll\u00e8ge en v\u00e9lo, comme Alexandre. Il y a trop de voitures, maman n\u2019est pas rassur\u00e9e. Cette ann\u00e9e encore, elle ira \u00e0 pied. Tiphaine et Riwan, les enfants des voisins, y vont toujours en voiture, dans leur 4&#215;4 super moche<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. H\u00e9lo\u00efse a un peu honte pour eux. Peut-\u00eatre, quand il fera beau, proposera-t-elle \u00e0 Tiphaine de faire la route avec elle. Elle lui expliquera que les bagnoles, en ville, \u00e7a pollue terriblement et que l\u2019exercice, c\u2019est bon pour la sant\u00e9. Mais il y a des choses qu\u2019elle ne pourra pas expliquer, et que Tiphaine comprendra toute seule si elle vient avec elle. Ce moment de libert\u00e9 qui n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 soi\u2026 C\u2019est assez grisant de marcher sans adulte \u00e0 c\u00f4t\u00e9, dans un environnement connu mais plein de dangers potentiels. On fait gaffe en traversant. Les arbres nous accompagnent. On \u00e9coute les oiseaux. On respire l\u2019air frais \u00e0 pleins poumons. On se raconte des histoires. H\u00e9lo\u00efse conna\u00eet une route sp\u00e9ciale, bien tranquille, des rues bord\u00e9es de maisons calmes avec des jolis jardins. Elle montrera \u00e0 Tiphaine son passage \u00ab secret \u00bb sous une all\u00e9e ombrag\u00e9e. Parfois elle fait des trouvailles int\u00e9ressantes : des cailloux, des petits bouts de bois, des bouchons, des bouts de ficelle. Tout \u00e7a lui sert pour les personnages qu\u2019elle bricole.<!--more--><\/p>\n<p>Marc Masson arrive devant le coll\u00e8ge \u00e0 7h55. Il se sent h\u00e9ro\u00efque, revigor\u00e9. Oui, \u00e7a y est, depuis quelques jours, il fait l\u2019exp\u00e9rience de se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e0 pied. Non franchement, c\u2019est tellement plus simple et moins stressant. Tous ces abrutis au volant de leur voiture ! Dire que lui, il y a peu, il \u00e9tait encapsul\u00e9 comme tous les autres, fulminant dans les embouteillages, tirant sur sa clope, branch\u00e9 sur les ondes ; pas \u00e9tonnant, s\u2019il d\u00e9boulait dans la salle de cours de tr\u00e8s mauvais poil<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. C\u2019est dingue comme un acte en apparence aussi anodin apporte de satisfactions inattendues. Il a franchi les 4,5km qui le s\u00e9parent de son \u00e9tablissement d\u2019un pas \u00e9lastique, sans m\u00eame y penser. En fait, il avait le cerveau bien occup\u00e9. Un pr\u00e9nom dansait dans sa t\u00eate. Sophie. Sophie. Sophie. Les l\u00e8vres de Sophie. Les yeux rieurs de Sophie. Le beau corps de Sophie, abandonn\u00e9 dans ses bras \u00e0 lui, et cet \u00e9lan partag\u00e9, primordial, irr\u00e9sistible, qui les faisait s\u2019aimer encore et encore, la t\u00eate lui tourne quand il y pense. Marc rigole en voyant la file de voitures bloqu\u00e9es devant l\u2019interphone en panne. Tiens, il n\u2019a pas pens\u00e9 \u00e0 allumer sa clope. Tous ces pots d\u2019\u00e9chappement lui coupent l\u2019envie. Bizarrement. Il jette un regard d\u00e9bonnaire sur ses coll\u00e8gues dans la salle des profs. De quoi parlent-ils ? Il a d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9. Il a oubli\u00e9 aussi de faire ses photocopies. Le voil\u00e0 dans la salle de classe. L\u2019ordinateur est \u00e9teint, et, pense Marc, il va rester \u00e9teint toute la journ\u00e9e. Aujourd\u2019hui, annonce-t-il, changement de programme. Il regarde avec affection les 27 \u00e9l\u00e8ves de sa classe. Nous allons parler de notre d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de la technologie. La v\u00f4tre, la mienne, car on est tous log\u00e9s \u00e0 la m\u00eame enseigne. Enfin \u00e0 peu pr\u00e8s. Et l\u2019heure est venue, mes petits amis, d\u2019entrer en r\u00e9sistance. Marc ne se sent pas tr\u00e8s l\u00e9gitime sur le coup. Mais ce matin, il est inspir\u00e9. Pas question de tricher, de se poser en mod\u00e8le. Pendant 45 minutes, le cours se d\u00e9roule dans une atmosph\u00e8re passionn\u00e9e. Et le prof n\u2019est pas celui qui parle le plus.<\/p>\n<p>On encha\u00eene \u00e0 pr\u00e9sent avec Mme. Dupr\u00e9. Titre de la le\u00e7on : \u00ab Litt\u00e9rature et r\u00e9sistance \u00bb. Pas possible, ils se sont donn\u00e9s le mot, les profs, ce matin ! H\u00e9lo\u00efse n\u2019est pas la seule \u00e0 adorer ce cours. Cette prof serait fichue de vous faire lire Proust \u00e0 dix ans. On ne se lasse pas de l\u2019\u00e9couter raconter les histoires qu\u2019il y a dans les livres, ni parler de la vie des auteurs : ils cessent d\u2019\u00eatre de grands personnages r\u00e9barbatifs pour devenir des \u00eatres humains tourment\u00e9s, \u00e9mouvants, fascinants. En fait, celle qui est tourment\u00e9e, \u00e9mouvante, fascinante, c\u2019est Mme. Dupr\u00e9, quand elle lit \u00e0 voix haute les extraits de ses auteurs favoris. Elle se d\u00e9place sur l\u2019estrade en actrice consomm\u00e9e. Elle est \u00ab \u00e0 fond \u00bb. Et le public est \u00e0 fond aussi. Elle secoue ses \u00e9l\u00e8ves, les fait rire souvent et parfois aussi, leur arrache une larme. La sonnerie retentit toujours trop t\u00f4t, comme une dissonance. L\u2019envo\u00fbtement se rompt, et les \u00e9l\u00e8ves redescendent lentement sur terre, \u00e9changent quelques regards, disent \u00e0 tout \u00e0 l\u2019heure \u00e0 leur super prof avec des sourires complices, sortent de la classe en silence. La r\u00e9cr\u00e9ation, c\u2019est l\u2019entracte.<\/p>\n<p>10h15, la salle des professeurs s\u2019anime autour de la vieille cafeti\u00e8re qui-marche-toujours-on-ne-sait-pas-comment. Mme. Rodriguez, la prof d\u2019espagnol, a ramen\u00e9 du caf\u00e9 zapatiste, qu\u2019elle ach\u00e8te \u00e0 une association locale soutenant les petits producteurs du Chiapas. Il est fameusement bon, leur caf\u00e9. M. Hamzi, professeur de technologie, le savoure consciencieusement, sans sucre, pour mieux appr\u00e9cier le go\u00fbt. Hamzi est r\u00e9f\u00e9rent \u00ab nouvelles technologies \u00bb depuis dix ans dans l\u2019\u00e9tablissement, mais aussi objecteur de croissance convaincu. Il a r\u00e9ussi \u00e0 persuader le Principal de l\u2019\u00e9tablissement de refuser les tablettes iPad que le D\u00e9partement avait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019octroyer g\u00e9n\u00e9reusement \u00e0 l\u2019ensemble des coll\u00e9giens. Marc Masson \u00e9tait outr\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, mais maintenant il commence \u00e0 le regarder d\u2019un nouvel \u0153il, ce coll\u00e8gue. Les \u00e9l\u00e8ves lui ont pos\u00e9 un certain nombre de colles, ce matin, il s\u2019est senti pi\u00e9g\u00e9 et presque d\u2019accord avec eux et pourtant, bordel, il sent qu\u2019il a raison, qu\u2019il tient le bon bout\u2026 Hamzi pourrait lui filer quelques tuyaux. Il la ressent depuis belle lurette, lui, cette emprise de la soci\u00e9t\u00e9 technicienne qui nous conditionne, se dit Marc. Il se rapproche strat\u00e9giquement de l\u2019autre, balbutie trois mots sur les nouvelles technologies, sourit. La conversation s\u2019engage.<\/p>\n<p>A 10h30, la sonnerie retentit. On va vite se ranger pour retourner au cours galvanisant de Mme. Dupr\u00e9. Elle est la premi\u00e8re \u00e0 sortir de la salle des profs pour r\u00e9cup\u00e9rer ses \u00e9l\u00e8ves. Elle est en retard dans son programme. Mais peu importe, elle est avant tout au service de la cause. La t\u00e9l\u00e9vision, l\u2019ordinateur et les r\u00e9seaux sociaux abrutissent les \u00e9l\u00e8ves, leur cerveau est tout ramolli. Heureusement, il y a la litt\u00e9rature. Elle esp\u00e8re bien communiquer au plus grand nombre la passion des livres, qui les sauvera.<\/p>\n<p>En sortant du cours, H\u00e9lo\u00efse et son amie Lucie se demandent ce qu\u2019il y a \u00e0 manger. Car elles ont une heure de pause m\u00e9ridienne. Le repas, c\u2019est un des bons moments d\u2019une journ\u00e9e au coll\u00e8ge. On est au chaud, assis. On peut discuter de vive voix et puis c\u2019est bon. Tout le monde le dit. D\u2019ailleurs, on a m\u00eame un chef qui cuisine sur place, pense H\u00e9lo\u00efse. Aujourd\u2019hui, au menu, c\u2019est carotte r\u00e2p\u00e9e-c\u00e9leri en entr\u00e9e, saucisse-haricots, fromage et pomme. On a appris \u00e0 ne pas gaspiller le pain. Tous les fruits et l\u00e9gumes sont de saison, et proviennent de producteurs locaux et bio, les laitages et la viande aussi. Un partenariat a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli il y a quelques ann\u00e9es avec une Amap, \u00e0 l\u2019initiative de M. Hamzi. A l\u2019\u00e9poque, il s\u2019est beaucoup impliqu\u00e9 et a provoqu\u00e9 une petite r\u00e9volution, pour mettre fin au contrat avec le prestataire de service habituel. Les parents, les coll\u00e8gues, les coll\u00e9giens, ont \u00e9t\u00e9 nombreux \u00e0 le soutenir. Les repas industriels tout-pr\u00eats emball\u00e9s sous vide, c\u2019est du pass\u00e9 d\u00e9sormais. Et aujourd\u2019hui, tout le monde est content. Mais Hamzi ne s\u2019arr\u00eate jamais. Il milite d\u00e9sormais pour qu\u2019on serve des repas v\u00e9g\u00e9tariens. Quelques \u00e9l\u00e8ves le suivent et font \u00ab la gr\u00e8ve de la viande \u00bb. Double ration de pain et de l\u00e9gumes pour ceux-l\u00e0.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s de vives discussions dans la cour de r\u00e9cr\u00e9ation, \u00e0 propos de la mort de Plume Rousse, ancien chat lieutenant du Clan du Tonnerre, les cours reprennent : H\u00e9lo\u00efse et Lucie ont EPS, \u00e9ducation physique et sportive. Le gymnase jouxte le coll\u00e8ge. Les \u00e9l\u00e8ves s\u2019y rendent dans un joyeux d\u00e9sordre. Mme Spinoza, professeur d\u2019EPS, commence par leur demander une attestation de natation dans le cadre d\u2019une sortie scolaire \u00e0 venir. C\u2019est sympa cette sortie, se dit H\u00e9lo\u00efse, on va faire de la voile, du cano\u00eb, du VTT et m\u00eame de l\u2019accro-branche pour certains. Par la suite, le cours se d\u00e9roule tranquillement entre s\u00e9quence de danse et attente en discutant avec les copines. Ensuite, c\u2019est retour dans le vestiaire. H\u00e9lo\u00efse et Lucie reprennent leur discussion. Des copines se joignent \u00e0 elles. Elles sont un petit groupe \u00e0 d\u00e9vorer la saga d\u2019Erin Hunter, dont Mme. Dupr\u00e9 leur a appris qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un pseudonyme : en r\u00e9alit\u00e9 les livres sont le fruit d\u2019une coop\u00e9ration entre plusieurs auteurs. Comme les auteurs de la saga, leur groupe est constitu\u00e9 de cinq filles, et un gar\u00e7on : cela leur a donn\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019inventer, \u00e0 leur tour, un roman d\u2019aventures. H\u00e9lo\u00efse se charge des sc\u00e9narios, Camille et Sol\u00e8ne discutent les id\u00e9es et proposent des am\u00e9liorations, Lucie et Maxime s\u2019occupent des illustrations, Capucine, qui a la plus jolie \u00e9criture, recopie sous la dict\u00e9e des autres. Pour l\u2019instant, on en est au chapitre 1. C\u2019est un secret partag\u00e9, qui leur vaut bien des distractions en cours.<\/p>\n<p>Maintenant, c\u2019est le cours d\u2019anglais de Mme Sautier. Ses cours sont denses, pas question de s\u2019\u00e9vader quelques secondes, mais H\u00e9lo\u00efse lance des clins d\u2019\u0153il complices \u00e0 ses amis ; elle attend comme eux le moment o\u00f9 il va \u00eatre question du voyage scolaire \u00e0 Manchester. Mme Sautier insiste sur la paperasse administrative et le paiement qu\u2019il faut apporter rapidement. Pas question que, faute de moyens, certains d\u2019entre eux restent en rade, pr\u00e9cise-t-elle. Les parents en difficult\u00e9 doivent la contacter le plus rapidement possible ; on trouvera une solution. Une r\u00e9union d\u2019information aura lieu prochainement. Nous prendrons le ferry car c\u2019est un moyen de transport moins cher et moins polluant que l\u2019avion et c\u2019est une tr\u00e8s bonne exp\u00e9rience pour les \u00e9l\u00e8ves, leur dit Mme. Sautier. Apr\u00e8s tout, vous ne le prenez pas si souvent que \u00e7a, hein. Mais gare au mal de mer ! H\u00e9lo\u00efse se demande si elle verra des grands dauphins, depuis le pont.<\/p>\n<p>16h45, la journ\u00e9e au coll\u00e8ge prend fin. C\u2019est l\u2019hiver, une pluie fine tombe et la nuit n\u2019est pas loin. H\u00e9lo\u00efse modifie son itin\u00e9raire de retour pour faire une partie du trajet avec Lucie. Et toutes les deux, dans le bruit des moteurs et la foule des pi\u00e9tons press\u00e9s, dans le froid qui colle \u00e0 la peau et la ville qui tout doucement s\u2019illumine, marchent \u00e0 l\u2019unisson, riantes et le c\u0153ur l\u00e9ger. Au coin d\u2019une rue, Marc Masson les d\u00e9passe d\u2019un pas all\u00e8gre, se retourne, leur fait un petit signe de la main.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Sophie (9 ans) et maman Anouck<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Pardonnons \u00e0 la petite H\u00e9lo\u00efse sa vision tr\u00e8s orient\u00e9e et peu am\u00e8ne du v\u00e9hicule en question\u2026<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Les propos de Marc Masson, personnage prompt \u00e0 s\u2019enflammer, peuvent para\u00eetre quelque peu agressifs et moralisateurs. La r\u00e9daction tient \u00e0 souligner qu\u2019ils n\u2019engagent que lui.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le texte ci-dessous est un retour spontan\u00e9\u00a0\u00e0 la diffusion \u00ab\u00a0D\u2019un \u00e9cran \u00e0 l\u2019autre \u2026 C\u2019est la rentr\u00e9e pour H\u00e9lo\u00efse\u00ab\u00a0. Cette sympathisante y pr\u00e9sente sa propre version de notre histoire.\u00a0 Sa petite fille a illustr\u00e9 cette histoire avec son dessin. C&rsquo;est &hellip; <a href=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=2267\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2267","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2267"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2267\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2279,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2267\/revisions\/2279"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2267"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}