{"id":342,"date":"2012-11-28T23:25:11","date_gmt":"2012-11-28T23:25:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=342"},"modified":"2013-01-08T20:45:40","modified_gmt":"2013-01-08T20:45:40","slug":"sortir-de-la-publicite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=342","title":{"rendered":"Sortir de la publicit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><b>STOP A LA PUBLICITE<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0(<a href=\"http:\/\/ekladata.com\/yvelines-decroissance.eklablog.fr\/mod_article63795833_50de2a341db03.pdf?8578\">Pour t\u00e9l\u00e9charger : voir ici<\/a>)<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0La pub, sauf exception, est la face noire de la cr\u00e9ation, elle ment, bluffe, flatte les instincts les plus bas, surfe sur le sexe, cr\u00e9e l&rsquo;insatisfaction et le ressentiment.\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a><\/sup><\/i><\/p>\n<p>La publicit\u00e9 est partout, \u00e0 tel point qu&rsquo;elle est devenue invisible pour l&rsquo;homo economicus<sup><a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a> <\/sup>que nous sommes. Nous croyons la dominer alors que nous la subissons. Mais c&rsquo;est bien elle qui joue avec nous, qui s&rsquo;impose pour modeler nos comportements et notre environnement.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 peut se d\u00e9finir comme l&rsquo;ensemble des techniques employ\u00e9es pour attirer l&rsquo;attention du consommateur sur un produit. Avec le temps, le ph\u00e9nom\u00e8ne publicitaire a pris de l&rsquo;ampleur puisque la publicit\u00e9 s&rsquo;est impos\u00e9e autant pour informer que pour persuader les utilisateurs \u00e9ventuels des avantages d&rsquo;un service ou d&rsquo;un produit.<\/p>\n<p>En effet, le temps a pass\u00e9 depuis mais les livres de Vance Packard<sup><a href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a><\/sup>, George Orwell<sup><a href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a><\/sup> et d&rsquo;Aldous Huxley<sup><a href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a><\/sup> n&rsquo;ont rien perdu de leur actualit\u00e9, notamment en terme de manipulation mentale. Le monde dans lequel nous vivons correspond \u00e0 peu de choses pr\u00e8s \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque comme un cauchemar et la publicit\u00e9 y joue un r\u00f4le majeur.<!--more--><\/p>\n<p>Nous ne mettons pas en cause les activit\u00e9s publicitaires en tant que mise \u00e0 disposition du public d&rsquo;informations commerciales, mais nous refusons la violence et la manipulation dont usent les proc\u00e9d\u00e9s publicitaires, auquel nul ne peut \u00e9chapper et qui diffusent en permanence l&rsquo;id\u00e9ologie dominante.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 est une conception de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, un rouage de la m\u00e9gamachine<sup><a href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a><\/sup> afin de fabriquer une illusion de bonheur. La publicit\u00e9 est bien au service de la soci\u00e9t\u00e9 de Croissance dans le but d&rsquo;imposer sournoisement un \u00ab\u00a0totalitarisme tranquille\u00a0\u00bb dont la violence bien r\u00e9elle est sous-jacente et la manipulation dissimul\u00e9e derri\u00e8re des artifices et excus\u00e9e par de soi-disant grands principes universels. L&rsquo;invasion qualitative et quantitative de la publicit\u00e9 s&rsquo;allie \u00e0 une p\u00e9n\u00e9tration id\u00e9ologique impr\u00e9gn\u00e9e des valeurs du capitalisme et de la soci\u00e9t\u00e9 de croissance.<\/p>\n<p>S&rsquo;attaquer au vecteur de l&rsquo;id\u00e9ologie marchande permet d&rsquo;ouvrir une br\u00e8che dans cette id\u00e9ologie. Il est donc normal que certains s&rsquo;attaquent \u2013 pendant que d&rsquo;autres sont engag\u00e9s dans le soin des sympt\u00f4mes ou dans la cr\u00e9ation d&rsquo;alternatives \u2013 aux causes en la sabotant ou en d\u00e9voilant et expliquant ses ramifications dans l&rsquo;organisation sociale.<!--more--><\/p>\n<p>Nous proposons, ici, de mettre en avant les manipulations du syst\u00e8me publicitaire et des pistes pour le combattre et en sortir. Car pour sortir du capitalisme et de la folie de la Croissance, sortir de la publicit\u00e9 est un pr\u00e9alable obligatoire.<\/p>\n<p>Nous nous attacherons, d&rsquo;abord, \u00e0 pulv\u00e9riser le mythe de la publicit\u00e9 qui serait une n\u00e9cessit\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique. Ce pr\u00e9alable a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9 par les tenants de l&rsquo;oligarchie, les m\u00eames qui nous font croire que notre organisation sociale est une vraie d\u00e9mocratie. La publicit\u00e9, ce n&rsquo;est pas la libert\u00e9, c&rsquo;est plus la libert\u00e9 d&rsquo;imposer.<\/p>\n<p>Ensuite, nous reviendrons sur les d\u00e9rives de la publicit\u00e9\u00a0: outil pour le capitalisme, pour s&rsquo;imposer et renouveler sans cesse nos modes de vie dans un cadre qu&rsquo;il d\u00e9finit et, pour faire marcher la sacro-sainte \u00e9conomie. Nous verrons que la publicit\u00e9 est intrusive et contribue \u00e0 un totalitarisme tranquille confirm\u00e9 par la p\u00e9n\u00e9tration id\u00e9ologique de ses messages, avec la volont\u00e9 de nous faire d\u00e9penser \u00e0 la fois pour alimenter le syst\u00e8me croissanciste et pour nous amener \u00e0 d\u00e9-penser et \u00e0 ne pas vouloir changer la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, nous essaierons d&rsquo;apporter des propositions afin de sortir de la publicit\u00e9 et d&rsquo;amorcer un changement de soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9barrass\u00e9e des st\u00e9r\u00e9otypes qu&rsquo;elle nous impose.<\/p>\n<p>Si la publicit\u00e9 est souvent associ\u00e9e \u00e0 la d\u00e9mocratie et \u00e0 la libert\u00e9 dont elle serait un corollaire indispensable, elle est surtout cr\u00e9atrice d&rsquo;illusions dans le but de faire fonctionner la soci\u00e9t\u00e9 marchande et, plus globalement, l&rsquo;\u00e9conomie, en se servant de la manipulation comme moyen. La publicit\u00e9 est bien une des escroqueries du XX\u00e8me et du XXI\u00e8me si\u00e8cle, et un des fondements d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui fait courir l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 sa perte.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 n&rsquo;existe que parce qu&rsquo;elle impacte notre psychisme. Elle est le \u00ab\u00a0b\u00e9lier\u00a0\u00bb qui force la porte de notre conscience pour l&rsquo;asservir.<\/p>\n<p>LA LIBERTE MANIPULEE<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 est souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme un symbole des d\u00e9mocraties car synonyme de droit \u00e0 l&rsquo;information des consommateurs, de libre expression et plus simplement de libert\u00e9. Messieurs les censeurs, ne touchez pas \u00e0 la publicit\u00e9, vous toucheriez \u00e0 la d\u00e9mocratie. L&rsquo;argument est facile et a l&rsquo;avantage d&#8217;emp\u00eacher de toucher \u00e0 un fondement du capitalisme et, quand on veut en sortir, cela complique forc\u00e9ment la t\u00e2che.<\/p>\n<p>Pourtant, en s&rsquo;interrogeant sur ce lien pr\u00e9sent\u00e9 comme ind\u00e9fectible entre la publicit\u00e9 et la d\u00e9mocratie, nous nous rendons compte qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien. L&rsquo;alliance \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie-publicit\u00e9\u00a0\u00bb est seulement un leurre pour \u00e9viter toute critique, car remettre en cause la publicit\u00e9 serait remettre en cause la d\u00e9mocratie, la libert\u00e9 d&rsquo;expression voire de l&rsquo;art car la publicit\u00e9 est souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme une forme d&rsquo;art\u00a0(!). Par ailleurs, mais l\u00e0 n&rsquo;est pas le sujet, pr\u00e9senter notre soci\u00e9t\u00e9 comme d\u00e9mocratique est d\u00e9j\u00e0 un mensonge\u00a0: le terme oligarchie<sup><a href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a><\/sup> para\u00eet plus appropri\u00e9 et, dans ce cas, la publicit\u00e9 est bien un corollaire de ce syst\u00e8me d&rsquo;organisation sociale. C&rsquo;est un d\u00e9tournement de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;imposer.<\/p>\n<p><i>La publicit\u00e9, c&rsquo;est la libert\u00e9 \u2026 d&rsquo;imposer<\/i><\/p>\n<p>Cet adage est connu\u00a0: la publicit\u00e9, c&rsquo;est la libert\u00e9. C&rsquo;est la libert\u00e9 de consommer, de choisir, d&rsquo;\u00eatre inform\u00e9. Peu importe que les d\u00e9s soient pip\u00e9s et que les ficelles soient \u00e9normes, personne ne les voit tant elles font partie de notre quotidien. Nous sommes devenus des robots regardant les publicit\u00e9s comme des mod\u00e8les \u00e0 atteindre, des tranches de vie informatives, dr\u00f4les, effrayantes, distrayantes mais qui, en fait, ne sont pas neutres : elles nous conditionnent et standardisent notre existence.<\/p>\n<p>La question est donc de savoir si la publicit\u00e9 est bien synonyme de libert\u00e9, comme tendent \u00e0 nous le faire croire les publicitaires, ou plut\u00f4t un conditionnement pour nous fid\u00e9liser au capitalisme.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord, la publicit\u00e9 n&rsquo;est pas un \u00e9change ou une mise en commun d&rsquo;informations puisque l&rsquo;envoi du message se fait \u00e0 sens unique. La publicit\u00e9 \u00ab communique \u00bb de mani\u00e8re unilat\u00e9rale. Nous ne pouvons pas lui r\u00e9pondre, seulement la recevoir pour ne pas dire la subir. La libert\u00e9 de l&rsquo;\u00e9metteur est privil\u00e9gi\u00e9e par rapport \u00e0 celle du receveur. Le premier dispose de la libert\u00e9 de faire, tandis que les destinataires de celle de la subir ou alors de fermer les yeux et les oreilles qu&rsquo;ils soient dans la rue, en \u00e9coutant la radio ou en surfant sur le net. Or, la libert\u00e9 de recevoir devrait aller de pair avec la libert\u00e9 de ne pas recevoir. Combien de fois, les bo\u00eetes aux lettres sont bourr\u00e9es de publicit\u00e9s alors m\u00eame qu&rsquo;un bel autocollant d\u00e9cline cette invitation. En fait, la libert\u00e9 d&rsquo;expression ne saurait en aucun cas se confondre avec la libert\u00e9 d&rsquo;agression. Bien au contraire, elle devrait respecter la libert\u00e9 de choix des interlocuteurs sans s&rsquo;imposer contre leur gr\u00e9 et contre leur consentement.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 s&rsquo;impose et ne supporte pas la contestation. Les publicitaires ont invent\u00e9 le terme de \u00abpubliphobes \u00bb pour qualifier celles et ceux qui lui r\u00e9sistent. La publicit\u00e9 d\u00e9crit ses dissidents comme des \u00ab pisse-froid \u00bb, des \u00ab coinc\u00e9s \u00bb ou encore des censeurs. La publicit\u00e9 \u00ab psychiatrise \u00bb ses opposants, comme le faisaient les r\u00e9gimes totalitaires, justement car la publicit\u00e9 a pour but d\u2019annihiler tout esprit de r\u00e9volte.<\/p>\n<p>En effet, se r\u00e9volter c&rsquo;est refuser un \u00e9tat pr\u00e9sent et, c&rsquo;est aussi se poser la question d&rsquo;une meilleure soci\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est vouloir trouver des solutions en sortant du cadre, en explorant d&rsquo;autres modes de vies. La publicit\u00e9, avec son discours uniformisateur et massificateur, stigmatise les marginaux et nous pousse \u00e0 ne nous r\u00e9volter qu&rsquo;en choisissant une <i>marque<\/i> \u00ab\u00a0alternative\u00a0\u00bb plut\u00f4t qu&rsquo;une autre. Elle ne peut que vouloir renforcer le syst\u00e8me qui le nourrit, alors pourquoi vouloir le renverser\u00a0? Ainsi, la publicit\u00e9 ne souhaite pas pousser \u00e0 la r\u00e9flexion mais bien \u00e0 la tarir.<\/p>\n<p>Pour mieux nous ali\u00e9ner et nous rendre esclaves de la consommation, la publicit\u00e9 ne cesse de nous parler de libert\u00e9. Mais la seule libert\u00e9 que nous laisse la publicit\u00e9, c\u2019est celle de consommer, c\u2019est celle de choisir entre Coca et Pepsi\u2013Cola. La publicit\u00e9, c\u2019est <em>Le Meilleur des mondes<\/em> d\u2019Aldous Huxley combin\u00e9 \u00e0 <em>1984<\/em> de George Orwell. La publicit\u00e9 cherche \u00e0 faire acheter et, chacun se croit libre parce qu&rsquo;il est au courant de ce postulat. Je choisis tel produit, tel marque, je pr\u00e9f\u00e8re faire appel \u00e0 tel prestataire et je suis libre de faire cela. Mais cette apparente libert\u00e9 du client couvre n\u00e9anmoins un premier niveau de conditionnement, celui qui me dit qu&rsquo;il faut sans cesse acheter. Derri\u00e8re la libert\u00e9 de choix se cache l&rsquo;obligation d&rsquo;acheter. Ce rappel, comme nous allons le voir ci-dessous, est de plus en plus pr\u00e9sent puisque notre vie est jalonn\u00e9e de besoins.<\/p>\n<p>Nous retrouvons, ici, des liens forts entre propagande et publicit\u00e9, entre abrutissement des masses et formation d&rsquo;une arm\u00e9e de consommateurs dont le but dans les deux cas est de ne pas condamner le syst\u00e8me dans lequel ils vivent, car rien ne peut s&rsquo;opposer \u00e0 la marche de l&rsquo;histoire. La publicit\u00e9 comme la propagande utilise les m\u00eames armes pour \u00e9viter la r\u00e9flexion et la contestation.<\/p>\n<p><i>La publicit\u00e9, propagande de l&rsquo;oligarchie<\/i><\/p>\n<p>La publicit\u00e9 se conjugue avec matraquage (et c&rsquo;est un point commun avec les techniques des r\u00e9gimes dictatoriaux). Elle est totalitaire car elle cherche \u00e0 envahir la totalit\u00e9 de l&rsquo;espace avec des panneaux (souvent surdimensionn\u00e9s) qui accaparent notre environnement, des affiches recouvrant tout un immeuble, dix publicit\u00e9s identiques \u00e0 la suite dans le m\u00e9tro, des \u00ab\u00a0tunnels\u00a0\u00bb publicitaires de 20 minutes \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou \u00e0 la radio etc. Il devient difficile de poser son regard sur un paysage libre de publicit\u00e9. Elle s\u2019immisce dans les films \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou au cin\u00e9ma en les coupant ou en les p\u00e9n\u00e9trant, plus discr\u00e8tement, puisque les entreprises payent les cin\u00e9astes pour y montrer leurs produits.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 envahit le temps \u00e9galement. Elle rythme toute la vie collective sur le mode de la consommation avec les comm\u00e9morations, les f\u00eates, les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9els ou factices. Tout est bon pour faire consommer. De la m\u00eame fa\u00e7on, la publicit\u00e9 se saisit de tous les \u00e2ges de l&rsquo;existence individuelle pour en faire des moments de consommation, avec les enfants avides de jouets, les adolescents couverts de marques, les hommes motorisant leur vie et devenant fan de gadgets en tout genre, les femmes avec la mode et la beaut\u00e9 mais aussi la m\u00e9nag\u00e8re, la m\u00e8re de famille ou encore les personnes \u00e2g\u00e9es invit\u00e9es \u00e0 pr\u00e9parer leur avenir. Si notre espace est accapar\u00e9 par la publicit\u00e9, notre temporalit\u00e9 est rythm\u00e9 par les slogans publicitaires, signe que notre civilisation glisse doucement mais s\u00fbrement vers un totalitarisme publicitaire puisqu&rsquo;il est difficile d&rsquo;y \u00e9chapper (frontalement ou indirectement comme nous le verrons plus tard).<\/p>\n<p>En fait, sans se soucier une seule seconde de notre bien-\u00eatre et de notre cadre de vie, les publicitaires appliquent \u00e0 merveille le mot d&rsquo;ordre d&rsquo;Adolf Hitler: \u00ab\u00a0<i>Toute propagande efficace doit se borner au strict indispensable, puis s&rsquo;exprimer en quelques formules st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es. Seule la r\u00e9p\u00e9tition constante r\u00e9ussira finalement \u00e0 graver une id\u00e9e dans la m\u00e9moire d&rsquo;une foule<\/i>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 une arme des dictatures. Hitler est le premier, et malheureusement pas le dernier, \u00e0 avoir compris que la publicit\u00e9 \u00e9tait un formidable outil de propagande, ce qui devrait suffire \u00e0 la rendre extr\u00eamement suspecte dans toute d\u00e9mocratie digne de ce nom (voir \u00e0 ce sujet l&rsquo;excellent ouvrage: \u00ab\u00a0<i>Le viol des foules par la propagande politique<\/i>\u00ab\u00a0, de Tchakhotine).<\/p>\n<p>Car devant l&rsquo;efficacit\u00e9 de la publicit\u00e9, les hommes politiques sont tent\u00e9s de l&rsquo;utiliser. Ils oublient, agissant de la sorte, qu&rsquo;ils se rabaissent au rang de simples produits et de leurs valeurs en marchandises. En r\u00e9duisant toute pens\u00e9e \u00e0 un simple slogan, c&rsquo;est toute la vie politique qu&rsquo;elle met en danger. Il ne s&rsquo;agit plus de convaincre par la justesse de ses arguments et de son programme, mais de se faire <i>voir<\/i> le plus possible. L&rsquo;efficacit\u00e9 du slogan pr\u00e9domine sur les id\u00e9es et la qualit\u00e9 des propositions.<\/p>\n<p>La grande majorit\u00e9 des partis politiques font d&rsquo;ailleurs d\u00e9sormais appel aux publicitaires. R\u00e9sultat\u00a0: le domaine politique rel\u00e8ve bien souvent d\u00e9sormais de l\u2019id\u00e9ologie publicitaire avec l&rsquo;id\u00e9e de faire des id\u00e9es un slogan. L&rsquo;illustre Jacques S\u00e9gu\u00e9la en est un parfait exemple puisqu&rsquo;il a men\u00e9 de multiples campagnes publicitaires et politiques avec les m\u00eames m\u00e9thodes, que ces r\u00e9gimes soient oligarchiques ou dictatoriaux.<\/p>\n<p>Nous le comprenons, dans ce cas, gare aux politiciens qui n&rsquo;usent pas de ces pratiques \u00e0 la pointe de la communication. Il faut \u00e0 la fois faire un trait sur ses convictions (faire des id\u00e9es un slogan) et \u00eatre un alli\u00e9 du syst\u00e8me oligarchique. Il en est de m\u00eame pour les entreprises. La publicit\u00e9 est un secteur essentiel pour leur survie, autant pour promouvoir le produit ou services qu&rsquo;elles vendent que pour promouvoir le mode de vie que ces derniers sous-entendent. Or, l&rsquo;\u00e9gal acc\u00e8s des entreprises \u00e0 la publicit\u00e9 n&rsquo;est pas une r\u00e8gle.<\/p>\n<p><i>La publicit\u00e9 est in\u00e9galitaire<\/i><\/p>\n<p>Il ne faut pas se m\u00e9prendre. Faire une publicit\u00e9 n&rsquo;est pas \u00e0 la port\u00e9e de tous. Seuls ceux qui ont de l&rsquo;argent peuvent en b\u00e9n\u00e9ficier. Une grosse entreprise sera donc syst\u00e9matiquement favoris\u00e9e par rapport \u00e0 une plus petite ou \u00e0 une association. Ainsi, une entreprise disposant de ressources financi\u00e8res importantes peut se doter d&rsquo;une image positive et vendeuse m\u00eame si elle a de mauvais produits \u00e0 vendre et un comportement irresponsable. Au contraire, un petit producteur aux proc\u00e9d\u00e9s \u00e9thiques se retrouve noy\u00e9, faute de moyens. Ce sont bien les grosses entreprises qui d\u00e9pensent des sommes gigantesques pour la publicit\u00e9, se rachetant une conduite ou se fa\u00e7onnant une image conforme aux attentes du consommateur. Le citoyen n\u2019a pas les moyens de contredire les multinationales qui d\u00e9pensent des milliards d\u2019euros pour nous imposer la fausse id\u00e9e du bonheur par la consommation.<\/p>\n<p>Si notre soci\u00e9t\u00e9 est loin de fonctionner de fa\u00e7on r\u00e9ellement d\u00e9mocratique et \u00e9galitaire, elle le doit aussi \u00e0 la publicit\u00e9 qui ne fait que refl\u00e9ter le savoir-faire de l&rsquo;oligarchie au pouvoir. Rouage du syst\u00e8me, elle annihile \u00e9galement l&rsquo;id\u00e9e du politique afin de renforcer les dominants.<\/p>\n<p>Enfin, nous ne pouvons pas passer sous silence le fait que la publicit\u00e9 est une machine \u00e0 emp\u00eacher la libert\u00e9 de la presse et, plus globalement, de l&rsquo;information. En effet, les grands m\u00e9dias vivent de la publicit\u00e9 et leurs lignes \u00e9ditoriales bloquent toute critiques de la publicit\u00e9 ou de la logique des annonceurs. Seuls les journalistes qui collaborent \u00e0 cette logique peuvent s&rsquo;exprimer largement mais, de fait, ne remettront pas en cause les fondements du capitalisme.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 n&rsquo;est pas synonyme de libert\u00e9 d&rsquo;expression et de droit \u00e0 la parole. Au contraire, elle renforce un syst\u00e8me domin\u00e9 par l&rsquo;\u00e9conomie et par son oligarchie. La publicit\u00e9, malgr\u00e9 ses offres all\u00e9chantes, ses promesses de progr\u00e8s est un outil pour un statu-quo qui ne pousse pas \u00e0 la r\u00e9flexion mais \u00e0 la consommation bien plus utile \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de Croissance. La publicit\u00e9 est une arme au service de l\u2019oligarchie dominante.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pour ces raisons qu&rsquo;elle s&rsquo;impose \u00e0 nous et qu&rsquo;elle est partout car, elle diffuse un message et une id\u00e9ologie. La publicit\u00e9 n&rsquo;est pas neutre car elle existe pour promouvoir le syst\u00e8me capitaliste et un mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9 sur la consommation. Elle contribue \u00e0 d\u00e9construire notre r\u00e9flexion pour mieux nous ali\u00e9ner. L&rsquo;omnipr\u00e9sence de la publicit\u00e9 vise \u00e0 r\u00e9duire la totalit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre humain \u00e0 la seule dimension de la consommation.<\/p>\n<p>Loin d&rsquo;\u00eatre synonyme de libert\u00e9, la publicit\u00e9 participe \u00e0 fa\u00e7onner l&rsquo;id\u00e9ologie dominante, \u00e0 la soutenir afin que chacun prenne part \u00e0 l&rsquo;effort de Croissance. Elle est un maillon essentiel de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique. La publicit\u00e9 suscite le besoin, matraque pour ne pas dire impose un mode de vie. Elle est un rouage essentiel pour cr\u00e9er davantage de besoins, rendre obsol\u00e8tes les produits, renouveler notre imaginaire afin de nous nourrir de nouveaut\u00e9s et abreuver le syst\u00e8me en croissance par la mise en avant de biens et de services marchands<sup><a href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a><\/sup>. La publicit\u00e9 nous manipule plus qu&rsquo;elle n&rsquo;informe.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 est une sorte d&rsquo;information sans \u00e9thique. En fait, depuis toujours, nous voyons ce vendeur d&rsquo;\u00e9lixir qui sait pertinemment que son produit n&rsquo;est pas efficace mais inutile qui continue d&rsquo;en vanter les m\u00e9rites et, dit ce que nous voulons entendre, un peu comme la diseuse de bonne aventure.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 s&rsquo;inscrit dans un syst\u00e8me de croyance, au m\u00eame titre que la religion. Elle ach\u00e8te ceux qui ont envie ou besoin de croire en ses vertus, mais dans le m\u00eame temps, elle asservit les plus faibles et ceux qui sont en difficult\u00e9.<\/p>\n<p>LA PUBLICITE, LA VOIE DU TOTALITARISME TRANQUILLE<\/p>\n<p>La mainmise de la publicit\u00e9 sur la soci\u00e9t\u00e9 est insidieuse puisqu&rsquo;elle fait de la consommation un fondement de notre soci\u00e9t\u00e9, en nous incitant \u00e0 penser en terme de consommation. Surtout, en plus de vouloir nous faire d\u00e9penser, la publicit\u00e9 vise \u00e0 nous faire d\u00e9-penser en divulguant \u00e0 feu doux l&rsquo;id\u00e9ologie capitaliste, de fa\u00e7on discr\u00e8te et sournoise \u00e0 tel point que nous n&rsquo;avons toujours pas conscience d&rsquo;\u00eatre embrigad\u00e9. Elle est complice d&rsquo;une vaste manipulation afin de tout marchandiser et asseoir la soci\u00e9t\u00e9 de Croissance, l&rsquo;alimenter sans cesse en nouveaut\u00e9s, cr\u00e9er de nouveaux besoins et acter l\u2019obsolescence. Elle d\u00e9veloppe une id\u00e9ologie et un mode de vie qui n&rsquo;est pas neutre car directement au service du capitalisme.<\/p>\n<p>Nous allons voir comment la publicit\u00e9 est devenue une machine \u00e0 fabriquer du bonheur (en actant la nouveaut\u00e9 et l\u2019obsolescence) pour, finalement, devenir une id\u00e9ologie et promouvoir un certain mode de vie. Plus que d\u00e9penser, la publicit\u00e9 vise \u00e0 nous faire d\u00e9-penser.<\/p>\n<p><i>D\u00e9-penser, d\u00e9penser, consommer<\/i><\/p>\n<p>La publicit\u00e9 existe pour faire vendre. Rouage du capitalisme par sa fonction, elle permet de cr\u00e9er le besoin et de l&rsquo;amplifier. De fait, la publicit\u00e9 tend \u00e0 pr\u00e9senter les produits et services qu&rsquo;elle fait conna\u00eetre comme obligatoire pour assouvir nos besoins et, finalement, toucher le bonheur. En fait, la publicit\u00e9 met en sc\u00e8ne un bonheur fabriqu\u00e9, propos\u00e9 par les m\u00e9dias et dans l&rsquo;espace public et qui est un but \u00e0 atteindre pour tout le monde. Plus que de pousser \u00e0 consommer, la publicit\u00e9 tend \u00e0 ne nous faire agir que par la consommation et, participe \u00e0 la marchandisation du monde dans son int\u00e9gralit\u00e9.<\/p>\n<p>Toutes publicit\u00e9s confondues, depuis des d\u00e9cennies, dressent \u00e0 nos yeux, et \u00e0 ceux des enfants, une repr\u00e9sentation id\u00e9ale du bonheur dans la \u201csoci\u00e9t\u00e9 de consommation\u201d.<\/p>\n<p>Ces publicit\u00e9s d\u00e9fendent, d&rsquo;abord, la notion de plaisir \u2026 mais le plaisir \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de consommer tout de suite, de consommer \u00e9gocentriquement. La publicit\u00e9 d\u00e9finit le plaisir, en fonction de ce qu&rsquo;elle a \u00e0 vendre et, qui exige une satisfaction imm\u00e9diate, mat\u00e9rielle et superficielle.<\/p>\n<p>Cr\u00e9er le besoin, rendre indispensable ce besoin via le r\u00eave de la consommation et un mode de vie impos\u00e9 par les canons publicitaires tendent \u00e0 imposer la fausse id\u00e9e que l&rsquo;unique sens de la vie est la consommation et, pour l&rsquo;imposer, la publicit\u00e9 utilise les valeurs et \u00e9motions de l&rsquo;\u00eatre humain\u00a0: l\u2019intelligence, la sant\u00e9, la beaut\u00e9, l\u2019amour, la convivialit\u00e9, la grandeur, l\u2019engagement politique, voire r\u00e9volutionnaire. Ses dimensions sont r\u00e9duites \u00e0 des produits par la publicit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>Ainsi, nous ne pouvons que nous soumettre \u00e0 la solution \u201c produit \u201d, quel que soit le probl\u00e8me que l\u2019on rencontre existentiellement. A travers leur diversit\u00e9 apparente, toutes les publicit\u00e9s c\u00e9l\u00e8brent le produit h\u00e9ros. La marchandise est le centre et le sens de la vie ; le march\u00e9 (super ou hyper) est son temple oblig\u00e9. Le message constamment r\u00e9p\u00e9t\u00e9 est clair : la consommation r\u00e9sout tous les probl\u00e8mes. Toutes les dimensions de l&rsquo;\u00eatre, corps, c\u0153ur, esprit, peuvent se retrouver dans un produit. Les marques nous fournissent identit\u00e9 et personnalit\u00e9 \u2013 illustration parfaite de l\u2019ali\u00e9nation, puisque le sujet, en la portant, se glorifie de sa servitude. Les marchands (et la dynamique capitaliste qu&rsquo;ils servent) forment une instance assistantialiste permanente, soi-disant au service de la collectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Sous le signe de la pulsion consommatrice, la rh\u00e9torique publicitaire associe d\u00e9sir d\u2019achat et pulsion sexuelle, soif d\u2019informations et d\u00e9voration d\u2019\u00e9v\u00e9nements, etc. La \u201cmarchandisation\u201d du monde a l\u2019avantage de tout transformer en produit consommable et jetable. D\u00e8s lors, la soumission \u00e0 la consommation permet de participer au vaste mouvement consensuel et euphorique de la modernit\u00e9. Honte \u00e0 qui refuserait de suivre notre fantastique \u00e9poque de progr\u00e8s, et tenterait de d\u00e9griser les drogu\u00e9s de la surconsommation en tirant la sonnette d\u2019alarme \u00e9cologiste puisqu&rsquo;il faut tout consommer.<\/p>\n<p>Par ailleurs, avec le matraquage publicitaire, le citoyen est somm\u00e9 en permanence de mimer pour exister, de mimer ce qu&rsquo;on lui a d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre sa vraie nature, son identit\u00e9 standard, s&rsquo;il est vraiment normal. Il doit d&rsquo;ailleurs mimer aussi les marchands et les publicitaires, puisqu&rsquo;on lui apprend partout que tout se vend\/tout s&rsquo;ach\u00e8te, qu&rsquo;il doit se vendre lui-m\u00eame, comme un produit. Chacun doit \u00e0 la fois se consommer et s&rsquo;offrir \u00e0 la consommation des autres, en exhibant les signes (publicitaires) de la normalit\u00e9 dont il est porteur.<\/p>\n<p>Ce mime g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, cette normalisation consensuelle se fonde principalement sur la peur de la marginalit\u00e9. Afin de \u00ab normaliser \u00bb, la publicit\u00e9 cultive chez ses victimes \u00e0 la fois l&rsquo;illusion de la diff\u00e9rence et la peur de la singularit\u00e9 (baptis\u00e9e archa\u00efsme). Dans le moindre de ses modes de vie, le citoyen se sent exister sous le regard d&rsquo;une collectivit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 normalis\u00e9e, parfaitement convaincue, voire mena\u00e7ante. Il n&rsquo;y a pas besoin de \u00ab Big Brother \u00bb officiel, puisque tous les consommateurs sont appel\u00e9s \u00e0 se faire les \u00ab bigs brothers \u00bb les uns des autres, s&rsquo;inspectant mutuellement pour voir s&rsquo;ils sont bien dans la norme.<\/p>\n<p><i>Faire consommer pour imposer une id\u00e9ologie ou consommer pour oublier<\/i><\/p>\n<p>La publicit\u00e9 vise \u00e0 id\u00e9aliser un monde organis\u00e9 autour de la consommation en fabriquant l&rsquo;<i>homo consumans<\/i>,entreprise de r\u00e9duction de chacun \u00e0 la fonction de consommateur et conform\u00e9 \u00e0 la masse qui lui ressemble, pour permettre, dans un second temps, de le discipliner comme membre du troupeau. Ainsi, sous des formes plus douces, plus clandestines, et donc plus insidieuses, ce processus ne pr\u00e9sente aucune diff\u00e9rence avec les proc\u00e9d\u00e9s de normalisation qui caract\u00e9risaient les totalitarismes du XXe si\u00e8cle. La pauvret\u00e9 de ce mod\u00e8le peut faire rire, mais ne doit pas nous dissimuler sa nocivit\u00e9 : il enferme en effet le consommateur dans une frustration chronique (puisque cr\u00e9\u00e9e artificiellement pour pousser infiniment \u00e0 la consommation), dans une course inassouvie \u00e0 la surconsommation tragique, dans une id\u00e9e de soi qui est un leurre sur soi-m\u00eame. Le foss\u00e9 entre l\u2019opium publicitaire et les r\u00e9alit\u00e9s de la vie, lequel commence d\u00e8s l\u2019enfance, entretient dans le grand public une sorte de schizophr\u00e9nie collective, entre d\u00e9lire et sinistrose.<\/p>\n<p>Nous avons vu que la publicit\u00e9 \u00e0 pour objectif de conditionner nos vies et de faire d&rsquo;un citoyen un consommateur. Elle tend m\u00eame \u00e0 ostraciser celui qui ne consomme pas ou n&rsquo;arrive pas \u00e0 suivre le rythme impos\u00e9 par l\u2019obsolescence des produits ou la nouveaut\u00e9\u00a0; de la m\u00eame fa\u00e7on, qu&rsquo;une dictature impose les vues du r\u00e9gime par un fort matraquage id\u00e9ologique et essaie d&rsquo;isoler les opposants en les humiliant et en les stigmatisant.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, la publicit\u00e9 a invent\u00e9 sa propre langue, une novlangue invent\u00e9e par le syst\u00e8me capitaliste\u00a0: cibles, \u00e9tude de march\u00e9, supports, socio-styles, etc.<\/p>\n<p>Ensuite, elle a recours sans cesse aux sophismes de l\u2019image, falsifie le sens des mots, d\u00e9structure l\u2019ordre logique. Ce langage, d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, fa\u00e7onne ainsi des modes de pens\u00e9e qui sont \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la raison cart\u00e9sienne. La r\u00e8gle publicitaire, qui oblige \u00e0 faire du produit un spectacle, conduit ainsi l\u2019enfant \u00e0 confondre l\u2019image et la chose, le visible et le r\u00e9el. R\u00e8gne ensuite la culture de l\u2019amalgame : la publicit\u00e9 pratique cette rh\u00e9torique de l\u2019association selon laquelle n\u2019importe quelle valeur peut \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 n\u2019importe quel produit (la beaut\u00e9 du sport par exemple \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration de boissons alcoolis\u00e9es). La rythmique publicitaire (jingles, chocs et frissons), les montages chaotiques et \u201cd\u00e9ments\u201d, en tentant de happer au lieu de convaincre, en nous saisissant visc\u00e9ralement pour contourner nos r\u00e9sistances conscientes, font pr\u00e9dominer les conduites-r\u00e9flexes sur toute d\u00e9marche r\u00e9fl\u00e9chie. En liaison avec la tr\u00e9pidation m\u00e9diatique et les oripeaux de la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle, c\u2019est toute une relation au monde fond\u00e9e sur l\u2019adh\u00e9sion sensorielle et le refus de penser que tisse la publicit\u00e9 dans la \u201cconscience collective\u201c. Ce mode de pens\u00e9e instaure le r\u00e8gne de l\u2019impens\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019omnipr\u00e9sence quantitative du ph\u00e9nom\u00e8ne publicitaire entra\u00eene en effet un changement qualitatif dans sa fa\u00e7on d\u2019imposer ses mod\u00e8les : sa norme para\u00eet \u201c normale \u201d. Pour mieux faire passer son message, la publicit\u00e9 a su \u00e9voluer en abandonnant le ton imp\u00e9ratif pour introduire le mode indicatif. Celui-ci est, finalement, plus contraignant que le mode imp\u00e9ratif dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;on ne peut pas se distancier de ses ordres. Qui plus est, cette normalit\u00e9 est commune \u00e0 tous : la collectivit\u00e9 semble s&rsquo;y \u00eatre d\u00e9j\u00e0 pli\u00e9e. Les mod\u00e8les de consommation deviennent alors d&rsquo;autant plus coercitifs qu&rsquo;ils sont suppos\u00e9s massivement r\u00e9pandus.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 ne dit plus d\u2019un ton mena\u00e7ant : \u201c Faites ainsi \u201d, mais tranquillement : \u201c Tout le monde fait comme cela \u201d. L\u2019injonction publicitaire n\u2019est plus : \u201c Voil\u00e0 ce que tu dois \u00eatre \u201d, mais elle devient : \u201c Voil\u00e0 ce que tu es. \u201d Le mode indicatif se r\u00e9v\u00e8le d\u00e8s lors beaucoup plus insidieux et oppressif, que le mode imp\u00e9ratif. Il suffit que les m\u00eames consommations, les m\u00eames mod\u00e8les d\u2019existence, les m\u00eames \u201c nouvelles m\u0153urs \u201d se r\u00e9pandent dans le tr\u00e8s partiel cadre m\u00e9diatico-publicitaire pour que la foule, aussit\u00f4t, les re\u00e7oive comme majoritaires, et donc devant \u00eatre suivis. L\u2019id\u00e9ologie prend l\u2019allure d\u2019un n\u00e9cessaire consensus d\u00e9mocratique. La banalisation devient v\u00e9ritablement la forme moderne de la normativit\u00e9. Et les publicitaires, feignant d\u2019observer comme normaux ces mod\u00e8les qu\u2019ils ont r\u00e9pandus, viennent nous raconter qu\u2019ils ne font que refl\u00e9ter la soci\u00e9t\u00e9 ! Pour peu que nous trouvions quelques diff\u00e9rences entre les repr\u00e9sentations qu\u2019ils nous donnent de nous-m\u00eames et ce que nous nous sentons appel\u00e9s \u00e0 \u00eatre, ils pr\u00e9tendent alors qu\u2019ils anticipent sur notre devenir. Il faudra donc nous conformer au miroir qu\u2019ils nous donnent de notre modernit\u00e9&#8230; Et nous ne sommes pas les seuls \u00e0 devoir suivre la voie de cette uniformisation : les peuples du tiers-monde ne sauraient y \u00e9chapper. Ce qui est appel\u00e9 mondialisation n\u2019est que l\u2019extension \u00e0 toute la plan\u00e8te de l\u2019id\u00e9ologie de la consommation, d\u00e9vorant tous ceux qu\u2019elle touche. Ainsi, nous voyons bien l\u00e0 le caract\u00e8re imp\u00e9rialiste de notre mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 qui s&rsquo;impose progressivement \u00e0 l&rsquo;ensemble de la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Les publicitaires d\u00e9forment les mots. Ils pi\u00e9tinent le langage pour amener les gens \u00e0 consommer toujours davantage. Ils d\u00e9tournent le sens originel des mots pour manipuler nos cerveaux. Pour d\u00e9clencher l\u2019envie d\u2019achat chez le consommateur, ils utilisent des strat\u00e9gies qui passent inaper\u00e7ues. Ces strat\u00e9gies sont faites pour nous s\u00e9duire. La publicit\u00e9, sous ses aspects festifs et joyeux, sympathiques et dr\u00f4les, est une dangereuse propagande qui casse, image apr\u00e8s image, le sens de la vie. Par exemple, \u00ab\u00a0La vie, la vraie\u00a0\u00bb, est-ce que c\u2019est vraiment \u00eatre \u00e0 Auchan\u00a0? Le chocolat Nutella, est-ce vraiment du \u00ab bonheur \u00e0 tartiner\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Les publicitaires utilisent nos symboles pour rendre nos contemporains d\u00e9pendants de la consommation. Ils manipulent les valeurs qui nous permettent de nous humaniser afin de nous faire acheter. C\u2019est ainsi qu\u2019ils r\u00e9duisent notre citoyennet\u00e9 \u00e0 n\u2019\u00eatre qu\u2019une citoyennet\u00e9 d\u2019achat. Nous sommes moins citoyens parce que nous respectons les valeurs de la r\u00e9publique que parce que nous faisons des achats consid\u00e9r\u00e9s comme citoyens. C\u2019est ainsi qu\u2019ils font basculer la soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re dans la consommation qui n\u2019est plus un moyen mais une fin en soi. Une soci\u00e9t\u00e9 qui sacralise le profane \u2013 la science, la consommation ou l\u2019argent, et qui profane le sacr\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire les valeurs\u00a0: la Libert\u00e9, l\u2019\u00c9galit\u00e9 ou la Fraternit\u00e9. La publicit\u00e9 nous d\u00e9shumanise. Elle nous r\u00e9duit \u00e0 l\u2019\u00e9tat de consommateurs malades et toujours plus voraces. Rien d\u2019\u00e9tonnant alors \u00e0 ce que de plus en plus de nos contemporains ne sachent plus faire la diff\u00e9rence entre un Homme et un animal ou entre un adulte et un enfant. Rien d\u2019\u00e9tonnant encore \u00e0 ce que de plus en plus d\u2019entre eux pensent qu\u2019il n\u2019existe ni bien ni mal.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 est une machine \u00e0 casser la personne humaine. Elle ne veut plus d\u2019humains, de citoyens, elle veut des consommateurs. La publicit\u00e9 r\u00e9duit chacun de nous \u00e0 un moyen\u00a0: la consommation. La publicit\u00e9 nous impose la fausse id\u00e9e que l\u2019unique sens de la vie est la consommation.<\/p>\n<p>Comme nous l&rsquo;avons vu, le ph\u00e9nom\u00e8ne publicitaire ne consiste pas en une simple somme d&rsquo;annonces disparates : elle est un syst\u00e8me. Et ce syst\u00e8me, si on l&rsquo;observe bien, non seulement tend \u00e0 occuper la totalit\u00e9 du champ des activit\u00e9s humaines &#8211; y compris ses aspects les plus immat\u00e9riels &#8211; dans la seule consommation. \u00c0 deux niveaux, celui de l&rsquo;invasion quantitative et celui de la p\u00e9n\u00e9tration id\u00e9ologique, la publicit\u00e9 est bien une entreprise totalitaire.<\/p>\n<p>Dans notre soci\u00e9t\u00e9, tout est annonce, tout est publicit\u00e9. Tous les mod\u00e8les d\u2019existence d\u00e9sirables expos\u00e9s dans les \u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es grand public, les films et autres t\u00e9l\u00e9films ou encore les journaux s\u2019apparentent au\u00a0 \u201cbonheur conforme\u201d programm\u00e9 par les publicit\u00e9s. Cette connivence, qui s&rsquo;explique par la puissance des annonceurs, rend l&rsquo;univers publicitaire consubstantiel de notre monde quotidien, comme ces marques qui nous suivent tout au long de notre vie.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 entretient l&rsquo;irrationalit\u00e9 des foules consommatrices pour nous emp\u00eacher de prendre conscience du pi\u00e8ge dans lequel la publicit\u00e9 nous a enferm\u00e9 avec notre assentiment\u00a0!<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 participe activement \u00e0 la fabrication d&rsquo;un mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 en imaginant un bonheur format\u00e9 fond\u00e9 sur la consommation. La publicit\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre l&rsquo;ordre des \u00ab\u00a0d\u00e9cideurs\u00a0\u00bb et le bonheur des consommations inutiles. Au-del\u00e0 de la manipulation et du m\u00e9pris, la publicit\u00e9 d\u00e9voile une philosophie cynique qui entend transformer le monde en marchandise. La voix de la publicit\u00e9 est insidieuse car invisible et douce, nous sommes \u00e9duqu\u00e9s avec ou alors elle nous fait r\u00eaver et, elle contribue \u00e0 imposer un \u00ab\u00a0totalitarisme tranquille\u00a0\u00bb c&rsquo;est-\u00e0-dire un mode de vie impos\u00e9 o\u00f9 la norme est la r\u00e8gle et ne pas la respecter signifie l&rsquo;exclusion et o\u00f9 les victimes sont les bourreaux sans que nous puissions nous condamner. Articulation essentielle de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, la publicit\u00e9 fait plus que soutenir, elle guide la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>La force du ph\u00e9nom\u00e8ne publicitaire et de son impr\u00e9gnation dans la soci\u00e9t\u00e9 se retrouvent dans l&rsquo;adage : \u00ab les \u00e9lections passent, la publicit\u00e9 demeure \u00bb quels que soient les programmes des \u00e9lus. Si les promesses politiques se succ\u00e8dent all\u00e8grement et sont rapidement oubli\u00e9es, la propagande commerciale continue de fa\u00e7onner en profondeur l&rsquo;imaginaire du public, chaque jour et en tout lieu. Cet imaginaire dicte la conduite des conso-citoyens dont l&rsquo;objectif est le travail car il permet \u2013 outre la r\u00e9alisation sociale \u2013 de consommer via le versement d&rsquo;un salaire. La vie est concentr\u00e9e sur un bonheur individualis\u00e9 dont la r\u00e9alisation nous ancre dans un comportement d&rsquo;ali\u00e9n\u00e9s. Consommer, c&rsquo;est respecter les codes de conduites pos\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9, qui est aux mains d&rsquo;une oligarchie proche (quand elle n&rsquo;est pas partie prenante) de la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>La crise actuelle met en avant cette d\u00e9r\u00e9alisation du monde, qui se donne l&rsquo;alibi de cr\u00e9e un \u00ab\u00a0imaginaire\u00a0\u00bb, ignorant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la r\u00e9alit\u00e9 de la crise. Nous aurions pu penser que le ch\u00f4mage, l&rsquo;exclusion, la pauvret\u00e9 freineraient l&rsquo;exhibition du discours publicitaire et feraient taire les sir\u00e8nes de la surconsommation. Il n&rsquo;en est rien. Qu&rsquo;importe la \u00ab\u00a0fracture\u00a0\u00bb sociale, puisqu&rsquo;on s&rsquo;adresse \u00e0 la majorit\u00e9 nantie ! Qu&rsquo;importe si des centaines de milliers d&rsquo;individus sont forc\u00e9es de contempler chaque jour des mod\u00e8les d&rsquo;existence qui leur sont rendues inaccessibles par leur exclusion ! On ne s&rsquo;\u00e9meut pas de cette violence quotidienne. Apr\u00e8s tout, pourquoi refuserait-on aux pauvres de r\u00eaver \u00e0 ce que poss\u00e8dent les riches : n&rsquo;est-ce pas ce qui se fait dans le tiers-monde ? A l&rsquo;ordre \u00e9conomique, qui a pour effet d&rsquo;exclure les pauvres, s&rsquo;adjoint d\u00e9sormais l&rsquo;ordre publicitaire, qui a pour fonction de nous les faire oublier.<\/p>\n<p><i>Une anti-culture<\/i><\/p>\n<p>\u00c9videmment, vouloir un monde uniformis\u00e9, organis\u00e9 autour de la consommation, contribue \u00e0 faire de la publicit\u00e9, une machine \u00e0 casser les cultures. La \u00ab culture publicit\u00e9 \u00bb n\u2019existe pas, la publicit\u00e9 c\u2019est l\u2019anti-culture. Si la culture nous humanise et r\u00e9-enchante le monde, la publicit\u00e9 r\u00e9duit l\u2019homme \u00e0 un tube digestif dont l\u2019unique fonction est de consommer. Avec la culture, l&rsquo;homme devient autonome tandis qu&rsquo;avec la publicit\u00e9, plus on y est soumis, plus on devient \u00ab\u00a0accro\u00bb et conditionn\u00e9. Loin d&rsquo;essayer de tendre \u00e0 la r\u00e9flexion des individus, la publicit\u00e9 infantilise nos actes et ce d\u00e8s l&rsquo;enfance, en fid\u00e9lisant les enfants. Il est tellement simple d&rsquo;exploiter commercialement les r\u00eaves des jeunes que cela s&rsquo;apparente \u00e0 du dressage tant ce qui est inculqu\u00e9 pr\u00e9cocement reste comme une valeur intangible pour l&rsquo;individu ainsi format\u00e9. Les publicitaires ont l&rsquo;ambition de nous conditionner et d&rsquo;occuper l&rsquo;espace psychique. Souvenons-nous de cet ancien patron de TF1 (cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision le plus regard\u00e9e en Europe) qui expliquait que son travail consistait \u00e0 \u00e9laborer des programmes pour pr\u00e9parer les esprits au message publicitaire<sup><a href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Comme nous l&rsquo;avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, la publicit\u00e9 n&rsquo;est pas un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me dont a besoin le syst\u00e8me, elle lui est indispensable \u00e0 la fois pour vendre mais, au del\u00e0, pour faire r\u00e9gresser les individus au niveau de leurs fantasmes basiques. La culture est sens\u00e9e nous pr\u00e9server de nos fantasmes et autres phobies car elle am\u00e8ne r\u00e9flexion, r\u00e9ponse collective et humilit\u00e9\u00a0; \u00e0 l&rsquo;inverse de la publicit\u00e9 qui cherche \u00e0 individualiser nos vies, \u00e0 faire de l&rsquo;homme un \u00eatre tout-puissant dont les besoins doivent \u00eatre assouvis sans r\u00e9flexion mais sous la pulsion. L&rsquo;importance des marques est r\u00e9v\u00e9latrice de cet \u00e9tat d&rsquo;esprit. Les marques t\u00e9moignent d&rsquo;une recherche d&rsquo;identification par le march\u00e9 dont l&rsquo;attrait d\u00e9passe la qualit\u00e9 des produits puisque reli\u00e9 \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;une marque, totalement fa\u00e7onn\u00e9 par la publicit\u00e9. Ainsi, on exhibe sa conformit\u00e9 et son identit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la publicit\u00e9. La publicit\u00e9 est parvenue \u00e0 s&#8217;emparer des identit\u00e9s et \u00e0 les manipuler. Nous sommes loin d&rsquo;une culture r\u00e9fl\u00e9chie par une population, nous assistons presqu&rsquo;au viol de notre identit\u00e9 d&rsquo;autant plus que la vis\u00e9e de la publicit\u00e9 se veut universelle. A \u00e9couter la publicit\u00e9, nous serions identifi\u00e9s \u00e0 des moutons de Panurge, \u00e0 une chose banalis\u00e9e et inexpressive et, c&rsquo;est bien gr\u00e2ce \u00e0 la publicit\u00e9 et au produit vendu que nous deviendrions libres ou irr\u00e9sistibles. Nous voyons bien que la publicit\u00e9 nous consid\u00e8re peu.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9 est donc une monstrueuse op\u00e9ration de formatage qui vise \u00e0 faire r\u00e9gresser l&rsquo;individu afin d&rsquo;en faire un \u00eatre docile d\u00e9pourvue de sens critique et facilement manipulable. Au-del\u00e0 de sa fonction commerciale imm\u00e9diate, la publicit\u00e9 est donc bien un enjeu v\u00e9ritable car elle participe \u00e0 faire r\u00e9gresser l&rsquo;humain, que ce soit dans son action ou sa r\u00e9flexion. Elle rabaisse les personnes au rang de simples consommateurs qui commencent par consommer des produits puis consomment d&rsquo;autres humains (management, violence, exploitations diverses \u2026) et finissent par se consommer eux-m\u00eames (dopages, sectes, op\u00e9rations de chirurgie esth\u00e9tique \u2026).<\/p>\n<p>La publicit\u00e9, loin d&rsquo;une culture en soi, d\u00e9truit les cultures existantes pour uniformiser les besoins et les comportements. Elle fa\u00e7onne des identit\u00e9s communes \u00e0 tous en simulant des diff\u00e9rences qui sont davantage des moyens pour nous faire croire que nous avons le choix.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs, la diversit\u00e9 des cultures du monde d\u00e9range la publicit\u00e9 puisqu&rsquo;elle peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un frein \u00e0 la soif de profits des annonceurs. La publicit\u00e9 veut d\u00e9truire les cultures en imposant des produits et des modes de vie standardis\u00e9s sur toute la surface de la Terre. Chacun sur la plan\u00e8te devra consommer de fa\u00e7on identique et beaucoup. La publicit\u00e9 ne supporte pas les peuples qui veulent faire de la diversit\u00e9 de leur culture une richesse. La publicit\u00e9 veut cr\u00e9er un monde non pas universel, mais uniforme, tout en glorifiant, de fa\u00e7on trompeuse, la diff\u00e9rence, quand elle ne r\u00eave que d\u2019indiff\u00e9renciation.<\/p>\n<p>La r\u00e9sistance \u00e0 la publicit\u00e9 est donc un v\u00e9ritable enjeu citoyen. Il nous faut pr\u00e9server l&rsquo;espace public ainsi que les plus jeunes. La lutte anti-publicitaire est un combat essentiellement id\u00e9ologique m\u00eame si la publicit\u00e9 se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une source de pollution non n\u00e9gligeable autant li\u00e9e \u00e0 ses objectifs (faire vendre, consommer donc utiliser des mati\u00e8res premi\u00e8res \u2026) qu&rsquo;\u00e0 ses proc\u00e9d\u00e9s, d&rsquo;autant plus inutiles que la publicit\u00e9 l&rsquo;est en elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>LA PUBLICITE, UNE IDEOLOGIE POLLUANTE<\/p>\n<p>Loin de se soustraire au syst\u00e8me capitaliste, nous avons vu que la publicit\u00e9 en est un rouage essentiel et fid\u00e8le puisqu&rsquo;il permet la cr\u00e9ation de besoins (souvent inutiles) et leurs satisfactions. L&rsquo;omnipr\u00e9sence de la publicit\u00e9 nous oppresse, tout comme elle nous conditionne. Elle normalise nos comportements et repr\u00e9sentent autant une occupation illicite de notre espace qu&rsquo;un gaspillage intol\u00e9rable d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il n&rsquo;est souvent ni voulu, ni attendu.<\/p>\n<p>La publicit\u00e9, par son essence m\u00eame, contribue au pillage perp\u00e9tr\u00e9 par le capitalisme du d\u00e9sastre, notamment des ressources naturelles. En outre, en produisant son verbiage malsain, la publicit\u00e9 pollue de multiples fa\u00e7ons notamment par une pollution visuelle et \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p><i>Une pollution logique du fait de la vis\u00e9e consum\u00e9riste<\/i><\/p>\n<p>De fa\u00e7on intrins\u00e8que, la publicit\u00e9 participe au pillage plan\u00e9taire organis\u00e9e par le capitalisme. En effet, le syst\u00e8me publicitaire monopolise toujours plus l&rsquo;espace public. Il parasite les activit\u00e9s culturelles et pervertit les manifestations sportives. Par ailleurs, la publicit\u00e9 sacrifie la sant\u00e9 et l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me au commerce, occulte les cons\u00e9quences sanitaires, et se moque du principe de pr\u00e9caution (en vendant tout produit, peu importe le risque). La publicit\u00e9 incite \u00e0 la surconsommation, au gaspillage, \u00e0 la pollution et fait souvent l&rsquo;apologie de comportements irresponsables et individualistes. Elle est source de surendettement, de d\u00e9linquance et de violence pour les plus d\u00e9munis et les plus r\u00e9actifs \u00e0 son discours intrusifs.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la machine publicitaire n\u00e9cessite la mise en marche d&rsquo;une vaste op\u00e9ration de ressources humaines gaspillant, et d\u00e9nigrant, ainsi l&rsquo;action de centaines de femmes et d&rsquo;hommes, dont les talents contribuent \u00e0 maintenir un syst\u00e8me qui ali\u00e8nent toujours plus les consommateurs mais aussi les \u00ab\u00a0cr\u00e9ateurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><i>Une pollution visuelle et un g\u00e2chis \u00e9nerg\u00e9tique<\/i><\/p>\n<p>La publicit\u00e9 a toujours privil\u00e9gi\u00e9 le support de l&rsquo;affichage \u00e0 tel point que, d\u00e9sormais, les affiches publicitaires sont incrust\u00e9es dans nos villes, nos campagnes et nos transports. Elles sont omnipr\u00e9sentes, g\u00e9antes, souvent illumin\u00e9es et sont donc d\u00e9voreuses d&rsquo;espace public et d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9bauche graphique g\u00eane la vue, salit notre cadre de vie, r\u00e9duit notre libert\u00e9 de penser et limite notre facult\u00e9 de r\u00eaver. La confiscation de l&rsquo;espace public et son exploitation mercantile sont d&rsquo;autant plus inadmissibles que la loi qualifie les paysages de \u00ab\u00a0bien commun de la nation\u00a0\u00bb et que les dispositions r\u00e9gissant l&rsquo;affichage publicitaire sont int\u00e9gr\u00e9es au livre V du Code de l&rsquo;environnement, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Pr\u00e9vention des pollutions, des risques et des nuisances\u00a0\u00bb. Ainsi, m\u00eame le l\u00e9gislateur consid\u00e8re l&rsquo;affichage publicitaire comme une pollution\u00a0! Par l&rsquo;affichage, le syst\u00e8me publicitaire s&rsquo;immisce dans notre quotidien de la fa\u00e7on la plus \u00e9vidente et la plus violente \u00e9galement.<\/p>\n<p>Nous sommes v\u00e9ritablement envahis par la publicit\u00e9, dans la rue, dans les transports, \u00e0 la radio, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou encore sur internet. Que ce soit pour produire ou pour la diffuser, la publicit\u00e9 repr\u00e9sente un g\u00e2chis terrible. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 regarder le poids effrayant repr\u00e9sent\u00e9 par la publicit\u00e9 dans les bo\u00eetes aux lettres des particuliers ou encore le poids des diff\u00e9rentes affiches qui jalonnent les lieux publics. Leurs \u00e9clairages \u2013 quand la publicit\u00e9 n&rsquo;est pas elle-m\u00eame \u00e9lectrique \u2013 repr\u00e9sentent \u00e9galement une consommation d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 dont nous devrions faire l&rsquo;\u00e9conomie (d&rsquo;autant plus pour sortir du nucl\u00e9aire !).<\/p>\n<p><i>Blanchiment \u00e9cologique<\/i><\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, la publicit\u00e9 int\u00e8gre parfaitement sa nouvelle fonction, celle de pr\u00e9senter produits et services comme \u00ab\u00a0\u00e9cologiques\u00a0\u00bb alors m\u00eame que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du produit ou du service pour l&rsquo;environnement est minime, voire inexistant quand ce n&rsquo;est pas l&rsquo;inverse (comme avec une automobile par exemple). Cet argument \u00e9cologique est d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s utilis\u00e9 par les entreprises les plus polluantes, comme l&rsquo;industrie automobile ou l&rsquo;industrie nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution de la publicit\u00e9 est du blanchiment \u00e9cologique ou de la d\u00e9sinformation verte. En abusant de ce proc\u00e9d\u00e9, la publicit\u00e9 apporte le doute et la confusion dans l&rsquo;esprit du consommateur. Elle contre m\u00eame les efforts de sensibilisation effectu\u00e9s par les associations et les mouvements politiques pour essayer de faire face \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9ratif de changer nos comportements de consommation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En participant activement \u00e0 la mise en place d&rsquo;un mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9 sur une consommation effr\u00e9n\u00e9e et coercitive, la publicit\u00e9 pollue nos territoires, nos esprits et gaspillent nos ressources. Il est donc urgent d&rsquo;en sortir autant pour sortir de ce capitalisme du d\u00e9sastre que pour envisager d&rsquo;autres voies alternatives.<\/p>\n<p>Pour sortir de la soci\u00e9t\u00e9 de croissance, sortir de la publicit\u00e9 est un pr\u00e9alable obligatoire. Lutter contre la publicit\u00e9 est donc, avant tout, un combat id\u00e9ologique.<\/p>\n<p><b>SORTIR DE LA PUBLICITE<\/b><\/p>\n<p>Afin de sortir, sans plus attendre d&rsquo;un syst\u00e8me domin\u00e9 par la publicit\u00e9, nous proposons diff\u00e9rentes mesures qui ne visent pas \u00e0 interdire la publicit\u00e9 mais \u00e0 la limiter drastiquement afin de ne plus lui donner un r\u00f4le central dans notre soci\u00e9t\u00e9, de laisser le citoyen choisir son mode de vie et d&rsquo;\u00e9viter toutes formes de gaspillages incompatibles avec les limites de la plan\u00e8te et dans l&rsquo;objectif de donner des limites \u00e0 nos comportements.<\/p>\n<p>Parce que nous refusons la violence, la manipulation et le matraquage dont usent les proc\u00e9d\u00e9s publicitaires et qui sous-entendent et imposent un mode de vie et \u00e0 sa suite le syst\u00e8me capitaliste.<\/p>\n<p>Parce que le commerce ne doit pas avoir plus de moyens d&rsquo;expression que l&rsquo;art, la culture, les politiques locales, les initiatives sociales ou les associations.<\/p>\n<p>Pare que nous allons devoir amorcer une politique de transition vers des soci\u00e9t\u00e9s soutenables, de l&rsquo;apr\u00e8s-p\u00e9trole, d\u00e9barrass\u00e9e de la Croissance comme objectif et, \u00e0 terme de la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Nous proposons\u00a0afin de :<\/p>\n<p><i>Prot\u00e9ger l&rsquo;espace public<\/i><\/p>\n<p>L&rsquo;espace public doit \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9 au maximum de la propagande de la soci\u00e9t\u00e9 de Croissance, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Nous demandons l&rsquo;application de la loi et, donc, le d\u00e9montage de 1\/3 des panneaux d&rsquo;affichages qui sont ill\u00e9gaux<b>. <\/b>Ensuite, nous proposons de limiter l&rsquo;affichage en ne d\u00e9passant pas 50&#215;70 cm pr\u00e9sent\u00e9 dans un dispositif n&rsquo;exc\u00e9dant pas deux m\u00e8tres carr\u00e9s. Pour mettre fin au gigantisme qui d\u00e9figure nos paysages.<\/p>\n<p>En outre, les publicit\u00e9s ne devront pas \u00eatre majoritaires dans un espace donn\u00e9. Le gain d&rsquo;espace pourra \u00eatre d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;affichage associatif, aux informations locales diverses ou \u00e0 la cr\u00e9ation artistique.<\/p>\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on, car nous pensons que les m\u00e9dias publics ne doivent pas v\u00e9hiculer d&rsquo;id\u00e9ologies particuli\u00e8res, nous demandons que la publicit\u00e9 y soit interdite que ce soit pour les m\u00e9dias t\u00e9l\u00e9visuels, radiophoniques ou leurs sites internet.<\/p>\n<p><i>Se prot\u00e9ger<\/i><\/p>\n<p>Enfin, nous nous devons de nous prot\u00e9ger des agressions des publicitaires. Limiter la taille n&rsquo;est pas forc\u00e9ment suffisant. Des comit\u00e9s de contr\u00f4le locaux devraient pouvoir interdire toute publicit\u00e9 sur des motifs fond\u00e9s par exemple, dans le cas des publicit\u00e9s sexistes.<\/p>\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on, la publicit\u00e9 ne devra plus s&rsquo;adresser aux enfants qui sont des cibles trop facilement manipulables.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le gaspillage des publicit\u00e9s sur papier dans les bo\u00eetes aux lettres doit cesser et nous proposons de l&rsquo;interdire. Nous n&rsquo;interdisons pas la mise \u00e0 disposition d&rsquo;informations mais leur diffusion de masse et sans contr\u00f4le d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle provoque un gaspillage consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>De plus, nous confirmons que le secteur de l&rsquo;\u00e9ducation doit \u00eatre un secteur sans publicit\u00e9. Ce qui est, malheureusement, de moins en moins le cas.<\/p>\n<p>Enfin, car nous devrons adopter un comportement moins \u00e9nergivore, nous demandons l&rsquo;interdiction de toute publicit\u00e9 dont le fonctionnement n\u00e9cessiterait de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. En outre, \u00e0 partir de 21 heures, les enseignes des commerces ferm\u00e9s devront \u00eatre \u00e9teints. Ils repr\u00e9sentent \u00e9galement une information dispendieuse en \u00e9nergie.<\/p>\n<p><i>Agir, ici et maintenant<\/i><\/p>\n<p>De plus en plus de collectifs s&rsquo;attaquent \u00e0 la publicit\u00e9 notamment par des actions contre les panneaux publicitaires \u00e0 l&rsquo;exemple de ce que font les <i>D\u00e9boulonneurs<\/i> ou en organisant des \u00ab\u00a0messes \u00e0 la consommation\u00a0\u00bb ou des \u00ab\u00a0journ\u00e9es sans achat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres actions sont \u00e0 inventer. Certaines f\u00e9d\u00e9rations de parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, afin d&rsquo;\u00e9viter de se retrouver avec des enfants-panneaux-publicitaires, font pression aupr\u00e8s des conseils d&rsquo;administration ou d&rsquo;\u00e9cole des \u00e9tablissements scolaires afin de faire adopter une motion invitant \u00e0 acheter un mat\u00e9riel scolaire le plus neutre possible (tout comme les v\u00eatements d&rsquo;ailleurs). Des boycotts sont organis\u00e9s contre des marques, les \u00e9lus peuvent \u00eatre interpell\u00e9s. Aussi, car le premier rempart de la publicit\u00e9 est sans doute l&rsquo;\u00e9ducation et l&rsquo;information\u00a0: l&rsquo;\u00e9ducation parce qu&rsquo;elle permet de d\u00e9jouer le message trompeur de la publicit\u00e9. \u00c9videmment, une telle action d\u00e9passe le cadre de la seule publicit\u00e9 mais prouve que le probl\u00e8me est global.<\/p>\n<p>Toute participation est bienvenue, quelle que soit la forme. A chacun son rythme et ses possibilit\u00e9s\u2026 .<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0La pub ne nous vend pas des produits. Elle nous vend un \u00ab\u00a0r\u00eave\u00a0\u00bb en carton-p\u00e2te, elle nous vend un mode de vie, qui fera de nous des gens frustr\u00e9s de ne pas atteindre ce \u00ab\u00a0r\u00eave\u00a0\u00bb. La pub ne nous vend pas la derni\u00e8re Peugeot, mais elle nous vend un monde de bagnoles. Sortir de la publicit\u00e9, c&rsquo;est sortir de cette id\u00e9ologie croissanciste afin d&rsquo;imaginer un autre monde. C&rsquo;est un pr\u00e9alable obligatoire\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a><\/sup><\/i><\/p>\n<p>Pour en savoir plus\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Sites internet\u00a0:<\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"http:\/\/www.deboulonneurs.org\/\">http:\/\/www.deboulonneurs.org\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.casseursdepub.org\/\">http:\/\/www.casseursdepub.org\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/paysagesdefrance.org\/\">http:\/\/paysagesdefrance.org\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/antipub.org\/\">http:\/\/antipub.org\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.bap.propagande.org\/\">http:\/\/www.bap.propagande.org\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lameute.fr\/index\/\">http:\/\/www.lameute.fr\/index\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cacheursdepub.be\/\">http:\/\/www.cacheursdepub.be\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/publisexisme.samizdat.net\/\">http:\/\/publisexisme.samizdat.net\/<\/a><\/p>\n<ul>\n<li>Ouvrages\u00a0:<\/li>\n<\/ul>\n<p>Amalou Florence, <i>Le livre noir de la pub, quand la communication va trop loin<\/i>, Stock, 2001<\/p>\n<p>Ari\u00e8s Paul, <i>D\u00e9marque-toi\u00a0!\u00a0: Petit Manuel Antipub<\/i>, Golias, 2004.<\/p>\n<p>Ari\u00e8s Paul, <i>No Conso, manifeste pour une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de la consommation<\/i>, Golias 2006<\/p>\n<p>Ari\u00e8s Paul, <i>Putain de ta marque<\/i>, Golias, 2003<\/p>\n<p>Beigbeder Fr\u00e9d\u00e9ric, <i>99 francs<\/i>, Gallimard, 2000<\/p>\n<p>Brune Fran\u00e7ois, <i>De l&rsquo;Id\u00e9ologie aujourd&rsquo;hui<\/i>, Parangon, 2005<\/p>\n<p>Brune Fran\u00e7ois, <i>Le Bonheur Conforme<\/i>, Gallimard, 1985<\/p>\n<p>Darsy S\u00e9bastien, <i>Le temps de l&rsquo;antipub<\/i>, Acte Sud, 2005<\/p>\n<p>Gonzague Arnaud et Japy Bruno,<i> Qui veut la peau de la pub<\/i>, Mango, 2002.<\/p>\n<p>Groupe Marcuse, <i>De La mis\u00e8re humaine en milieu publicitaire<\/i>, la D\u00e9couverte, 2004<\/p>\n<p>Les D\u00e9sob\u00e9issants, <i>D\u00e9sob\u00e9ir \u00e0 la pub<\/i>, le passager clandestin, 2009<\/p>\n<p>Naomi Klein, <i>No Logo, la tyrannie des marques<\/i>, Babel, 2002<\/p>\n<p>Pergnier Maurice, <i>La Publicratie, sommes-nous condamn\u00e9s au mal publicitaire<\/i>, RAP, 1994<\/p>\n<p>Sapena Nathalie, <i>L&rsquo;enfant jackpot (prot\u00e9geons nos enfants contre les abus de la soci\u00e9t\u00e9 marchande)<\/i>, Flammarion, 2005<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\"><a href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>Bernard Maris dans <i>Anti-Manuel de l&rsquo;\u00e9conomie <\/i>(tome 2), 2006<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\"><a href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a>Notion qui fait de l&rsquo;homme un \u00eatre tout orient\u00e9 vers lui-m\u00eame et pour qui le monde n\u2019est que l\u2019instrument de la satisfaction de ses seuls int\u00e9r\u00eats particuliers. Les \u00e9conomistes, depuis Walras, ont d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il est bon pour tous que les hommes ne regardent que leurs int\u00e9r\u00eats, \u00e0 condition que rien ne vienne entraver les calculs int\u00e9ress\u00e9s de chacun, ni l\u2019Etat, ni l\u2019\u00e9thique. L&rsquo;homo economicus est au service de l&rsquo;\u00e9conomie, seule capable de hisser l&rsquo;homme vers la richesse et le bonheur. Une telle vision ouvre la porte de la d\u00e9mesure. Car si rien ne doit venir entraver, limiter l\u2019accumulation des richesses mat\u00e9rielles (et du pouvoir), elle devient sans fin, ou plut\u00f4t, elle provoque sa propre fin.<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\"><a href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a><i>La Persuasion clandestine<\/i>, 1957\u00a0: o\u00f9 l&rsquo;auteur insiste sur les nouvelles m\u00e9thodes de manipulations mentales notamment avec la t\u00e9l\u00e9vision.<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\"><a href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a><i>1984<\/i>, publi\u00e9 en 1949\u00a0: contre les totalitarismes et la pression du pouvoir sur le peuple via la communication.<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\"><a href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a><i>Le Meilleur des mondes<\/i>, 1932\u00a0: avec la mise en avant du conditionnement pour alimenter la machine \u00e9conomique.<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\"><a href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a>Le terme de \u00ab\u00a0m\u00e9gamachine\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par Serge Latouche afin d&rsquo;expliquer la toute-puissance du capitalisme renforc\u00e9e par de nombreusesimbrications qui le rendent complexe et difficilement d\u00e9finissable et combattable.<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\"><a href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a>Herv\u00e9 Kempf, <i>L&rsquo;Oligarchie, \u00e7a suffit, vive la d\u00e9mocratie, <\/i>2011\u00a0: l&rsquo;auteur insiste sur l&rsquo;erreur de pr\u00e9senter notre soci\u00e9t\u00e9 comme une d\u00e9mocratie\u00a0; le terme d&rsquo;oligarchie est plus appropri\u00e9 puisque quelques privil\u00e9gi\u00e9s monopolisent le pouvoir.<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\"><a href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a>Hormis quelques campagnes de sant\u00e9 publique ou d&rsquo;inscription sur les listes \u00e9lectorales, m\u00eame les campagnes gouvernementales s&rsquo;inscrivent dans une logique d&rsquo;asseoir l&rsquo;organisation sociale dominante (exemple des retraites en 2010).<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\"><a href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a>Voir sur le site d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.acrimed.org\/\">Acrimed<\/a> la citation de Patrick Le Lay en 2004\u00a0: \u00ab\u00a0<i>\u00a0\u00bb Il y a beaucoup de fa\u00e7ons de parler de la t\u00e9l\u00e9vision. Mais dans une perspective \u201dbusiness\u201d, soyons r\u00e9aliste : \u00e0 la base, le m\u00e9tier de TF1, c\u2019est d\u2019aider Coca-Cola, par exemple, \u00e0 vendre son produit (&#8230;).Or pour qu\u2019un message publicitaire soit per\u00e7u, il faut que le cerveau du t\u00e9l\u00e9spectateur soit disponible. Nos \u00e9missions ont pour vocation de le rendre disponible : c\u2019est-\u00e0-dire de le divertir, de le d\u00e9tendre pour le pr\u00e9parer entre deux messages. Ce que nous vendons \u00e0 Coca-Cola, c\u2019est du temps de cerveau humain disponible (&#8230;).\u00a0\u00bb<\/i><\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\"><a href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> St\u00e9phane Madelaine et Christophe Ondet, objecteur de croissance et membres du PPLD<\/div>\n<div><\/div>\n<div style=\"text-align: right;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: right;\">Christophe ONDET<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>STOP A LA PUBLICITE \u00a0(Pour t\u00e9l\u00e9charger : voir ici) \u00ab\u00a0La pub, sauf exception, est la face noire de la cr\u00e9ation, elle ment, bluffe, flatte les instincts les plus bas, surfe sur le sexe, cr\u00e9e l&rsquo;insatisfaction et le ressentiment.\u00a0\u00bb1 La publicit\u00e9 &hellip; <a href=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=342\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[16],"class_list":["post-342","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","tag-publicite"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/342","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=342"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/342\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":364,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/342\/revisions\/364"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}