Le chômage : le grand détournement (1ère partie)

« Nous avons inventé une montagne de besoins superficiels; nous vivons en achetant et en jetant. Mais ce que l’on dépense vraiment, c’est notre temps de vie. Parce que lorsque j’achète quelque chose ou que toi tu achètes quelque chose, tu ne l’achètes pas avec de l’argent, tu l’achètes avec le temps de vie que tu as dépensé pour gagner cet argent. A cette différence que la seule chose qui ne peut pas être achetée, c’est la vie. La vie ne fait que s’écouler et quel malheur de l’employer à perdre notre liberté.
Car quand est-ce que je suis libre? Je suis libre quand j’ai du temps pour faire ce qui me plaît et je ne suis pas libre quand je dois dépenser de mon temps pour acquérir des choses matérielles censées me permettre de vivre. De fait, lutter pour la liberté c’est lutter pour disposer de temps libre. »
José Mujica – Président de l’Uruguay de 2010 à 2015 – Extrait choisi du film Human

Travailler, c’est partager

La croissance crée de l’emploi ?
En Occident, depuis plus de 50 ans, toutes les politiques sont centrées sur la question du chômage. Quelles que soient les tendances politiques, la solution perpétuellement déclamée est de relancer la croissance. Certes, des désaccords existent sur les manières de créer cette croissance, voire sur la répartition de ses fruits, mais manifestement, la nécessité de croissance fait l’unanimité pour régler le problème du chômage. Car « la Croissance, ça crée de l’emploi !! ». Or, depuis plus de 50 ans, la croissance est toujours positive, de plus en plus de richesses matérielles sont produites, et pourtant, le chômage ne cesse d’augmenter et reste un problème de société majeur.
Ne serait-il pas temps de changer d’approche ? Et si la croissance ne créait pas plus d’emplois qu’elle n’en détruit ? Allons plus loin. Et si le chômage et la précarité étaient les conséquences directes de l’idéologie de la croissance, c’est-à-dire du productivisme et du consumérisme ? Dans une société aux besoins toujours plus immenses, comment soutenir le train de vie de certains, sans le faire au détriment des autres ? Dans une société de la frustration permanente, comment penser le partage du travail et de ses fruits, sans avoir peur de ne pas avoir assez ?
Une contrainte supplémentaire s’ajoute au mythe de la croissance, seule capable de créer de l’emploi. C’est la contrainte environnementale, la déplétion des ressources, la destruction de la biodiversité, et le changement climatique. Une croissance illimitée est impossible. C’est une certitude, la croissance va s’arrêter. Et même si ces questions ne sont plus méconnues, elles sont complètement ignorées, par tous, quand il s’agit de s’attaquer au « problème » du chômage. Ce qui est une erreur monumentale car le chômage n’est que le symptôme de problèmes interconnectés, dont la crise écologique.
L’intention de la Décroissance est de répondre conjointement à la crise environnementale, à l’augmentation des inégalités et à la perte de sens, engendrées par la société de Croissance. En cela, elle prétend proposer des solutions au symptôme du chômage en pensant totalement différemment la production (le contenu et la quantité) ainsi que le partage (travail et redistribution). Solutions qu’on retrouve autour de l’anticonsumérisme (antipub, quête de sens, modes de vie alternatifs), les différents revenus de base tel que la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, les mécanismes de solidarité, etc., etc.
Dire que « la croissance, c’est le problème » pourrait n’être qu’un slogan. Mais lorsqu’il s’agit du chômage, ce slogan est une nouvelle fois réellement fondé.

Consommer plus pour travailler plus …
Pour bien saisir, il faut d’abord distinguer la notion de travail de celles de l’emploi et du chômage. Le travail recouvre des notions variées. C’est du temps passé à produire des biens et services. Lorsqu’il est rémunéré, il devient un emploi qui s’apparente à la marchandisation du travail. L’emploi ne concerne donc pas la totalité du temps humain à travailler. Tout travail n’est pas synonyme d’emploi. Ainsi, le travail désigne également des activités non rémunérées (travail domestique, familial, associatif, de l’étudiant …).
Dans notre société, le travail rémunéré – l’emploi donc – est considéré comme une condition fondamentale de la vie humaine car il procure à l’homme des moyens d’existence. Dans une société marchande où l’accès aux richesses passe nécessairement par la monnaie, l’emploi devient quasiment le seul moyen de subsister. Le chômage devenant l’absence d’autonomie et la condamnation à l’assistance sociale.
Dans une société au pétrole abondant, le besoin de travailler pour répondre aux besoins de haute nécessité est bien inférieur à 35h par personne. D’aucuns parlent de 10 à 15 heures par semaine. D’abord, parce que le pétrole permet d’utiliser des machines, mais aussi parce qu’il permet d’aller exploiter des populations du bout du monde, ce qui dans les deux cas augmente le gain de productivité. Si seulement, notre vision du « travaillisme » – incapable d’envisager la réduction du temps de travail – ne nous poussait pas au productivisme infini, pour lutter contre le chômage.
Par conséquent, pour lutter contre le chômage le raisonnement de nos « élites » est simple : il suffit de créer du travail. Et pour créer du travail, il faut créer toujours plus de besoins, donc jouer sur nos frustrations et nos désirs. Il faut aussi que l’ensemble de nos vies soit marchandisé, car ce qui est marchandisé nécessite une production de biens ou de services donc des emplois … Pour créer de l’emploi, n’importe quel travail qui produise des marchandises qui se vendent, ou des services qui se monnayent, vaut le coup d’être créé. Et ce, quelle que soit son utilité ou ses impacts sociaux et environnementaux. Tant que ça se vend, nous produisons toujours plus et peu importe les conséquences.
Ainsi, la lutte contre le chômage pousse à générer ces emplois inutiles. Et notre société est aspirée par le consumérisme et le productivisme.
Serions-nous alors dans une impasse ? Condamnés à consommer toujours plus, à dénier les limites environnementales, à mettre sous le tapis la croissance des inégalités, et à se moquer de la perte de sens sous prétexte d’ avoir tous un emploi, quel qu’il soit ? Serions-nous condamnés à voir brandir le spectre du chômage et la perte de pouvoir d’achat quand il s’agit de mettre en place la transition écologique ?

Les emplois verts et notre train de vie
Nos amis écologistes tentent de résoudre cette contradiction en clamant que l’écologie crée justement de l’emploi. Les éoliennes, ça crée de l’emploi ; isoler les bâtiments crée de l’emploi ; l’agriculture bio crée de l’emploi ; fabriquer des voitures électriques, ça crée de l’emploi ; la transition vers une agriculture de proximité à petite échelle ou encore l’artisanat crée de l’emploi, etc, etc. Dans un sens, ce n’est pas faux. Mais même si notre intention n’est pas de remettre en cause leur sincérité, ce genre de propos donne à penser que la « transition écologique » telle qu’elle est pensée aujourd’hui, permettrait de donner du boulot à tout le monde, tout en maintenant le même train de vie. En cela, c’est une imposture.
– Soit la création d’emplois se fait en remplacement d’autres d’emplois, et c’est de la reconversion. On remplace une production par une autre. Le charbon par l’éolien par exemple. On a donc remplacé un emploi par un autre. On pollue moins, ce qui n’est pas négligeable, mais on ne produit pas plus d’énergie, donc de richesses. Au final, on a autant d’emplois pour autant de richesses produites.
– Soit la création d’emplois se fait au détriment de notre train de vie, et c’est du partage d’emplois. On remplace la mécanisation agricole par de la main d’œuvre, par exemple. Ce qui était produit par un seul individu l’est alors par plusieurs individus. La même quantité est produite à plusieurs. Ce qui revient à partager en parts plus nombreuses, une même quantité produite. Ce qui revient donc à des salaires partagés.
Dans ces deux cas, certes, les activités sont plus soutenables écologiquement, mais soit nous ne créons pas d’emploi, soit nous baissons notre train de vie. Au final, il n’y a pas de créations franches d’emplois à pouvoir d’achat constant sans croissance, c’est-à-dire sans compromettre la transition écologique.
Mais il y a pire comme mystification. Le pire, c’est de créer des emplois dits « écologiques » qui n’ont pas d’effets bénéfiques sur l’environnement. C’est ce qu’on appelle l’économie verte. Ce n’est pas l’économie au service de l’écologie. C’est l’écologie au service de l’économie. C’est l’esprit des différentes lois récentes (la « loi de transition écologique pour la croissance verte », la « loi climat ») qui, en dépit de quelques bonnes intentions, servent, soit de prétextes pour créer de nouveaux secteurs économiques facteurs de nouvelles croissances, soit à légitimer à coups de peintures vertes des pollutions et gaspillages pour maintenir des secteurs en activité. Dans ce contexte, nous voyons parfaitement l’enjeu que représente le réchauffement climatique en terme de « création d’emplois » et la manne que sont le green-washing, la croissance écologique, les smarts technologies et caetera.
Mais, ne nous leurrons pas, la croissance aura beau être verte écarlate, elle ne se fera pas sans destruction de l’environnement. Le découplage entre PIB et consommation de ressources (notamment le pétrole et les terres rares) n’existe pas, là aussi il s’agit bien d’un mythe.

Toxics jobs
Mais le cercle destructeur du travail va plus loin. Sous prétexte de « créer de l’emploi pour créer de l’emploi », on tombe dans un mécanisme d’emplois toxiques qui rend encore plus injuste le partage des richesses par l’emploi.
Avant d’aborder les emplois toxiques, constatons que même les emplois ordinaires sont souvent destructeurs pour les travailleurs, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Les contraintes de productivité ou les cadences imposées (avec l’adage du travailler plus avec moins de personnel) finissent par casser les individus. Donc, même en temps « normal », nous sommes loin du travail sensé contribuer à notre épanouissement et nous élever, tant celui-ci rime avec stress, dépression, harcèlement, accident de travail, voire suicide …
Ceux qui travaillent souffrent de travailler tandis que ceux qui ne travaillent pas souffrent de ne pas travailler.
S’ajoute à cela ce concept récent de bullshit jobs, porté par David Graeber, qui est venu confirmer la crise de l’emploi : « Je définis un travail comme un job à la con, quand même la personne qui effectue ce travail ne peut pas justifier l’existence de son travail. Ou si cette personne pense que si son job n’existait pas, cela ne ferait aucune différence, voire que le monde s’en porterait même mieux ». Nos sociétés capitalistes reposeraient désormais sur l’aliénation d’une majorité de travailleurs par l’occupation d’emplois simplement inutiles voire vides de sens. A ces emplois, nous pourrions rajouter les destroy jobs, ces emplois qui ont un impact néfaste sur l’environnement (en sachant que les bullshit jobs sont très souvent des destroy jobs).
Il ne s’agit pas de porter un jugement de valeur sur les employés, ni même sur les métiers en question, il s’agit de réfléchir aux impacts de ces emplois.
Ici, il s’agit donc des emplois qui ne participent pas à la création de richesses nécessaires à la société, comme le logement, l’alimentation, les vêtements, la santé, les services publics, l’éducation, les liens sociaux, …. Il s’agit de ceux qui auraient plutôt tendance à créer de la frustration (la publicité), du virtuel (la com’ et le management), du hors-sol (la finance, l’optimisation fiscale), du futile (le consumérisme), du gaspillage (certains transports, les déchets absurdes, etc.), mais ont malheureusement un impact bien concret sur la vie des gens et sur l’environnement.
L’impact sur l’environnement est évident. La plupart de ces emplois ont pour seul objectif de produire pour produire. Peu importe que l’utilité sociale soit discutable, voire nulle, ces bullshit-job sont là pour faire du PIB. Or, il n’y pas de dé-corrélation possible entre le PIB et la consommation de ressources. Tous les emplois, quels qu’ils soient, sont sources (plus ou moins directes) de gaspillages, de pollutions, de destructions …
L’impact sur la vie des gens peut s’expliquer d’une façon simple, certes grossière, mais physiquement juste. Les titulaires de ces emplois transfèrent la charge de travail nécessaire à subvenir à leurs propres besoins sur d’autres travailleurs. En effet, les emplois toxiques ne répondent pas aux besoins de nécessité, mais les employés touchent quand même un salaire qui leur permet d’accéder aux richesses nécessaires pour se loger, se nourrir, de soigner, de vêtir, etc. Tous ces biens sont donc produits par d’autres travailleurs en échange de l’inutilité des « bullshit jobs ». Ce qui revient à contraindre ces travailleurs à travailler plus que nécessaire, ou à gagner moins que ce que leur travail mériterait. Déjà que le « devoir d’achat » est important, ces travailleurs doivent passer une partie de leur temps de travail à entretenir des « rentiers ».
Certains de ces emplois toxiques sont même mis sur un piédestal car ils procurent des salaires élevés et une reconnaissance sociale indécente… Les inégalités, financières et morales s’en trouvent renforcées.
Pour les emplois toxiques qui ne bénéficient pas de reconnaissance sociale, l’impact humain est catastrophique – dépression, burn-out, mal-être physique et psychologique – ces employés ayant de plus en plus conscience de la superficialité de leur contribution à la société.

Le chômage, le grand détournement
La solution au chômage n’est donc pas de produire toujours plus. Il faudrait le répéter mille et mille fois. La solution du chômage n’est donc pas de produire toujours plus.
Derrière la question de l’emploi se cache d’abord la question du partage. Elle se « cache » au sens propre, car la gravité des conséquences du chômage permet d’occulter toutes les questions de société sous-jacentes. Le chômage, présenté comme un phénomène naturel contre lequel il faut lutter tous ensemble au delà des clivages, c’est bien pratique pour détourner l’attention de la population. La priorité étant de créer de l’emploi, il est donc indécent de questionner le pourquoi et le comment des emplois. Et pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit.

Quel partage ? Partager quoi ? Partager avec qui ? Partager comment ?
Lire la 2ème partie (juin 2021) : http://www.projet-decroissance.net/?p=2756

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Jobs ! Jobs ! Jobs !

L’Europe a un nouveau héros et il est américain. Il fascine en tentant de réconcilier environnement, économie et travail. Joe Biden brandit des plans de relance à consonances sociales pour créer toujours plus … d’emplois.
« Jobs, jobs, jobs »
A l’inverse, la France s’entête avec le fameux mythe du ruissellement : donner aux riches pour qu’ils investissent, créent de l’innovation et donc … des emplois.
« Jobs, jobs, jobs »
L’Europe tente de surmonter les conséquences de l’épidémie pas un nième plan de relance de la consommation. Comme si l’occident n’était pas assez riche, comme si les questions de pauvretés et d’inégalités ne trouvaient des réponses qu’à travers une production infinie et la création … d’emplois.
« Jobs, jobs, jobs »
Croissance, innovation et consommation sont donc toujours invoquées pour lutter contre le chômage. Le chômage étant l’incontestable prétexte pour justifier toutes ces mesures qui détruisent notre planète et notre vivre ensemble, et qui surtout, depuis plus d’un demi-siècle, n’aboutissent à aucune amélioration. La lutte contre le chômage, la grande imposture, le grand détournement. Éclairage en deux parties avec la Décroissance.

Éclairage en deux parties avec la Décroissance : Le chômage : le grand détournement
– partie 1 (15 mai 2021) : http://www.projet-decroissance.net/?p=2754
– partie 2 (15 juin 2021) : http://www.projet-decroissance.net/?p=2756

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Un spectre hante notre société : celui de la décroissance

Alors que le « spectre de la décroissance » inquiète de plus en plus de monde, à commencer par le président Macron, plusieurs membre du collectif « Un Projet de Décroissance » reviennent sur le concept et son intérêt potentiel.

Publié initialement sur Marianne le 6 juillet 2020

Sur les chaînes d’information en continu, dans les meetings de campagne des forces d’opposition à la « vague verte« , en une des hebdomadaires, ou dans la bouche de notre cher Président face à la Convention citoyenne, un seul mot revient encore et toujours en boucle, avec peur et détestation : la décroissance. Tout, mais surtout pas ce spectre de la décroissance ! A tous ces gens de reconnaître, que « oui » il faut prendre en compte les enjeux environnementaux, que « oui » il faut revoir nos consommations mais aussi ce l’on produit, comment et où. Peuvent-ils vraiment faire autrement ? Mais pour autant, que « non », nous n’allons surtout pas jusqu’à oser parler de décroissance !

Ce mot-obus a sciemment été créé pour sa dimension provocatrice. Il s’attaque, dans sa sémantique, à la religion de la croissance qui façonne nos croyances et notre vision linéaire et quantitative de la société et qui impose ses lois et ses dogmes sur nos vies et notre environnement. La première force du terme décroissance est la difficulté de le récupérer. D’autres slogans, comme le développement durable, l’économie verte ou circulaire, ont rapidement été dévoyés pour se faire happer par le système et vidés de leur sens.

L’enjeu n’est pas de faire la même chose en moins, mais bien de faire différemment en mieux

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Tous malades du Covid-19

De cette pandémie, plus que les trop nombreux morts liés au Covid-19, c’est probablement le confinement généralisé et prolongé de 4 milliards d’êtres humains qui restera dans les livres d’histoire et d’économie.

Que s’est-il passé à l’orée du printemps 2020, pour que devant cette situation sanitaire, il ait été unanimement consenti à un confinement presque intégral de la population française …. quoi qu’il en coûte ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Cette décision unanime, quasi mondiale pose questions. Pourquoi ce virus justifiait-il de telles mesures alors que rien n’est fait contre d’autres dangers bien pires ? Ne risquent-t-elles pas surtout de nous coûter encore plus cher, humainement, socialement, y compris en nombre de morts indirectes ?

Agissant comme un miroir de notre comportement de prédation à l’égard de la biodiversité, le virus du Covid-19 est pourtant loin d’être celui qui précipitera la disparition de l’espèce humaine. La plupart d’entre nous continuons et continuerons de mourir de pathologies chroniques, sournoises et anthropiques mais aussi de vieillesse.

Que dit cet épisode du rapport qu’entretient notre civilisation à la nature, aux limites, mais aussi à la mort, donc à la vie ? Le propre de nos sociétés modernes n’est-il pas de tenter de nier la mort et de repousser toujours les limites…quoi qu’il en coûte ? S’il fallait choisir entre « cesser de vivre pour ne pas mourir » ou « accepter la mort pour vivre », que ferions-nous ?

L’expertocratie

À l’inverse de nombreux autres événements tout aussi dramatiques qui n’ont jamais bénéficié d’une telle focalisation (victimes quotidiennes de la famine, cancers dûs aux pesticides, surmortalité liée à la pollution de l’air, noyades de migrants en Méditerranée…), toute notre société occidentale, tous les médias et bien sûr toute la politique n’ont tourné qu’autour de cet événement. Continuer la lecture

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Non, le Coronavirus n’est pas notre Décroissance

Le Coronavirus a poussé la quasi totalité de l’humanité à se confiner. En toute logique, les conséquences pour l’environnement s’avèrent des plus salvatrices avec entre autres, baisses des émissions de CO2 et de la pollution atmosphérique. Le PIB ralentit, la planète s’en porte mieux. Les Décroissants en ont rêvé, le Coronavirus l’a fait ?

Non. La période que nous sommes en train de vivre ne ressemble en aucun cas à la société de Décroissance que nous prônons. Ce ralentissement de l’économie est des plus inquiétants d’un point de vue social, démocratique et humain. Cette récession subie aura même des conséquences totalement contraires à ce qui pourrait et devrait émerger d’une Décroissance choisie. Toutefois, il nous semble que cette crise représente une opportunité à saisir pour repenser notre modèle de société, pour qu’il soit en mesure d’éviter ce genre de chocs ou de mieux les absorber.

Le Coronavirus est un révélateur mais aussi un accélérateur des inégalités : isolement des plus vulnérables, exploitation des plus précaires, contamination des plus exposés… Dans ces conditions exceptionnelles, c’est une fois de plus le monde du travail qui impose sa marche à suivre, et génère encore plus d’inégalités. De plus, la tentation autoritaire est de retour…

Pour la Décroissance le Coronavirus n’est en aucun cas une réjouissance, bien au contraire : cette situation est un échec de plus qui nous démontre que seuls un choc et une sidération permettent de susciter du débat, des prises de consciences, et, espérons-le, des changements pérennes dans nos comportements et une transformation en profondeur de notre modèle de société mortifère.

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Débats : Les Revenus de Base vus et discutés par « Un Projet de Décroissance »

projet-decroissance-ecosociete-quebecLe Revenu de Base Inconditionnel est de plus en plus mis en avant, discuté ou débattu ; aussi bien par des mouvements politiques, le monde universitaire que dans les médias. En plus de notre ouvrage, « Un projet de Décroissance« , nous vous proposons ci-dessous les réflexions de notre collectif sur ce sujet :

Quelques pas-de-côté :

Et deux vidéos :

  • A l’université d’été du MFRB  (notre contribution commence autour de la 21ème minute) :
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La Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, une alternative au tout-économique

Article publié dans « Moins! » No 23 de juin-juillet 2016
dans le cadre d’un dossier spécial sur le Revenu de Base

Depuis plusieurs semaines, l’idée d’un Revenu de Base (RdB) revient régulièrement dans les débats publics. Il y a d’un côté ses partisans et de l’autre ses détracteurs. Et chacun-e y projette ses craintes ou ses espoirs, comme si chacun-e y projetait, en creux, des projets de société totalement différents. Les débats sont alors faussés et confus. L’erreur serait de réagir aux maux d’une société en panne par un outil, sans l’insérer dans un projet de société et sans aborder la question du trajet. Alors, parlons du projet. « Un Revenu de Base » ? Pour quoi faire? Dans quel but ? Pour quelle-s société-s ? Qu’est-ce que nous souhaitons, comment pouvons-nous le réaliser et de quelles façons ?
Avec la Décroissance, nous soulignons les limites physiques que nous dépassons allègrement. Nous questionnons le caractère non désirable de ce modèle de société, induisant la croyance que « -plus- » suffirait à faire sens. La Décroissance est une pensée multi-dimensionnelle et radicale. Nous relions les problèmes les uns aux autres afin de proposer des pistes susceptibles de dessiner des transitions démocratiques et sereines vers de nouveaux modèles de société soutenables et souhaitables. Ces chemins potentiels sont fondés, notamment, sur : la relocalisation ouverte ; des outils de repolitisation et de sécurisation de la société ; une réappropriation de la démocratie et du sens des limites ; la démarchandisation du monde ; une sortie de la religion de l’économie ; la remise en cause de la création monétaire par la dette ; une éducation non aliénante et la communication non-violente…
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La Décroissance, une vision pour des sociétés plus justes et plus sobres

Article publié dans le n°14 des Nouveaux cahiers du socialisme, revue canadienne, automne 2015.

 « Tout ceux qui, à gauche, refusent d’aborder sous cet angle la question d’une équité sans croissance, démontrent que le socialisme, pour eux, n’est que la continuation par d’autres moyens de rapports sociaux et de la civilisation capitaliste, du mode de vie et du modèle de consommation bourgeois. » André Gorz.

Depuis plusieurs décennies, c’est toujours la même rengaine : « comment relancer la croissance ? ». A gauche comme à droite, de Merkel à Obama, de Sarkozy à Orban, de Hollande à Harper, une seule solution, la Croissance. Comme une pensée magique, un totem.
La croyance que le Croissance serait encore la solution à tous nos problèmes reste profondément ancrée dans l’imaginaire collectif, à tel point qu’on assiste à un arc-boutement collectif pour « la relancer ». Pourtant, nous sommes de plus en plus nombreux à oser questionner la Croissance. Est-elle encore possible ? Est-elle souhaitable surtout ? Continuer la lecture

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Exploring Degrowth: Implementing the unconditional autonomy allowance: transitionary steps

In Vincent Liegey and Anitra Nelson, Exploring Degrowth, A Critical Guide (Pluto Press, September 2020):

Appendix 3: Implementing the unconditional autonomy allowance: transitionary steps

This appendix is adapted and updated from Vincent Liegey et al., Un Projet de Décroissance, Utopia, 2013, see: www.projet-decroissance.net

The unconditional autonomy allowance is not a magical recipe but offers diverse pathways, a coherent convergence of complementary levels and approaches. It is driven by cultural transformation, a decolonisation of our imaginary, rather than being a technical tool to solve all institutional, economic and political problems. It is envisaged as one pathway within an emancipating, democratic and serene transition from growthism to sustainable, desirable, relocalised but connected, open, convivial and autonomous societies. This appendix identifies desirable, realistic steps leaving open questions: What are our basic needs? What, and how, do we satisfy/produce them?

Step Levers Achievements and advantages Barriers and risks Convergence
0 CULTURAL TRANSFORMATION

Adopting a paradigm switch, decolonisation of the growth imaginary precipitates changes in everyday practices – a continuous process

Polls and studies show urgently needed awareness is under way

But the growth ideal is still strong, in particular failing to structurally abate growth mania

Change slow due to advertising, lack of time and space for debate in elite-controlled mainstream media, debt slavery (loans) and employment

This step needs others to facilitate it, namely democratisation and the acceleration of an emancipating decolonisation of the growth imaginary

All these degrowth steps need to converge with expanding and multiplying exemplary practices and spaces for experimenting with new ways to produce, exchange and make decisions

Convergence with other social movements necessary for adoption, including in law, for direct governance of commons and for freedom from paid work

Requires progressive implementation of an acceptable maximum income; democratic re-appropriation of the monetary system (public debt, money creation, fiscal evasion) to re-embed the economy

1 GRASSROOTS PRACTICES

Implementation and extension of local concrete alternatives, initiatives, initially pilots and demonstrations, ultimately creating self-governing formations and commoning

Alternative economic structure in formation with useful results leading to developments of appropriate models.

Visible and scholarly impacts

Activities difficult to integrate with current state and market structures; compete and conflict with mainstream practices

Not fully functional until radical transformation to commons governance and commoning economies

2 ALTERING WORK

Voluntary reduction of working hours through part-time and sharing roles – allowing free time to support degrowth formations and transition

Addresses current unemployment and precarity

Addresses work–life balance

Numerous voluntary changes occurring; numbers of people consider this feasible

Need unions and parties to support part-time work and more flexible working conditions

Managers of conventional workplaces can be prejudiced against degrowth advocates and activists

Unless there is broader change beyond work sphere, elites may end up controlling even more resources

3 UNCONDITIONAL BASIC INCOME

Implementing an unconditional basic income initially depends at least in part on formal monetary flows

Under debate

Some successful small-scale pilots

Offers opportunities for liberation from work to engage in degrowth transitions

Needs mass, broad spread implementation and measures to avoid abuse, i.e. particular political, cultural and economic supports

Challenges in avoiding shocks to food supply-chain given high level of complexity and fragility

4 PROGRESSIVE DEMONETISATION

Unconditional basic income becomes a fully fledged unconditional autonomy allowance

Establishing decentralised and relocalised exchange networks

Democratic and peaceful re-embedding of the economy via voluntary democratic deliberation in favour of unconditional autonomy allowance

Open relocalisation creates solidarities balancing the logic of subsidiarity and counter-revolutionary power

Might increase inequalities and tensions between territories due to disruptions in trade and financing arrangements
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Exploring Degrowth: The content of the Unconditional Autonomy Allowance

In Vincent Liegey and Anitra Nelson, Exploring Degrowth, A Critical Guide (Pluto Press, September 2020).

Appendix 2: The content of the unconditional autonomy allowance

This is an adapted and updated translation from Vincent Liegey et al., Un Projet de Décroissance, Utopia, 2013, see: www.projet-decroissance.net

The unconditional autonomy allowance is for everyone, from birth to death, enough for a decent and frugal way of life. At the same time the unconditional autonomy allowance is a transition tool towards sustainable and desirable models of societies based on degrowth principles. One of the main challenges is repoliticisation – implementing democratic debates on defining basic needs and how to self-organise locally to satisfy them in sustainable and fair ways.

ASPECTS

AMOUNTS

METHODS AND PROCESSES

TRANSFORMING SYSTEMS AND DECOLONISATION OF IMAGINARY

Right to housing and access to real estate

Residential accommodation

space

A compact and specific maximum allowed space per capita: X m²

Progressive re-appropriation of access to real estate via requisition laws and participatory deliberation to define local use rights and conditions of use

Energy transition though improvements to insulation; flexibility, multi-functionality and sharing of spaces

Challenge prevailing property rights and rehabilitate use rights

Space for social activities

Economic and environmental transition via open relocalisation of production, exchange and other activities

Land surface for agricultural and other productive activities

Agricultural transition to local food provisioning and self-governing territorial autonomy

Rights to basic needs: examples

Food

Local participatory deliberation over what is ‘enough’, based on local estimates, plus deciding what and how to produce and share it

Local currency, local exchange systems (time-bank, reciprocity economies)

Temporary use of euro or national currency prior to implementing alternative economic systems

Based on direct trade, relocalised and seasonal, less meat-based, organic and sustainable food production

Production via agroforestry and agroecology principles

Basic tools such as bikes, furniture, clothes, toys and so on

Implementation of open-source, low-tech, hand/home-made, sharing, recycling and makers’ workshops

Includes all kinds of furniture, clothes, bikes, cargo bikes and trailers, machines, utensils, and so on

Free access to limited quantities of basic goods

Water

Depending on local circumstances, enough for a ‘meaningful’ use

Decided by local community

Per capita –

X litres or kWh monthly maximum free allocation

Easily implemented via meters

Democratic and local re-appropriation of water and energy management

Phase out pricing and phase in free access for ‘good-usage’, and charge for overuse and/or misuse

Energy transition based on sobriety, effectiveness, and renewable energy (in particular solar thermal) as local, low-tech, and handcrafted as possible toward territorial energy sovereignty

Energy sources

(e.g. fuel, petrol, gas, wood)

Mobility rights

Local and short-distance transport

X km per capita allowance

Might be phased in gradually depending on transport type

Free local public transport, e.g. limited number of km by train per capita

Rethink urbanisation and dependency on transport as relocalisation of activities is implemented

Develop active/soft transport systems (bikes, walk)

Right to free public transport gradually reduces following relocalisation to avoid meaningless daily transport

Long-distance transport

X km, per capita allowance (conditional)

X km per capita package (options)

Following open relocalisation, access to long-distance travel, dialogue, cooperation and solidarity all remain open and negotiable

Preference for travel by train, bike and sailing boats and visit of long duration

Rights to public services

Health

Free access conditional on revising the content and form of public services

(as in column to right)

Preventative approach to medicine through eating and living healthily

As a cultural evolution and transformation, a progressive implementation of the unconditional autonomy allowance is necessary, whereby the political imaginary is decolonised

The transition raises continual questions, discussion and debate around the meaning of our life and lifestyles – What do we need to produce? How will these goods and services be produced? In what ways will they be used? How will the hard tasks be shared?

Education

Deschool society (Illich)

Skill citizens for autonomous society

Culture

Arts play a central role in shaping new political imaginary

Information Communication

Open right to access all kinds of information

Other services of care and so on

Care of all people’s various needs, e.g. for children, people with disabilities and the elderly, funerals, etc.

Maximum acceptable income as an example of implementing associated measures

Maximum acceptable income

A multiple (say quadruple) of the minimum income

Taxes on all income over and above the guaranteed minimum income

Taxes democratically decided

Associated with radical reform of banking and financial systems: reassessment of public debts with moratorium on debts deemed illegal, unfair or unethical; democratic and transparent governance of central banks and money creation, and other financial and banking systems; implement alternative local/complementary non-speculative currencies linked to transition projects

Strict regulation of fiscal evasion, tax havens, and sectors such as military industrial complex, advertising and marketing, mega-infrastructure projects. No planned obsolescence

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Et le salaire à vie ?

Le salaire à vie développé par Bernard Friot revient de temps à autre à l’occasion d’échanges sur la DIA ou le revenu de base. « Le « salaire à vie » consiste, en se basant sur la socialisation de la richesse produite, à verser un salaire à vie à tous les citoyens. Ce salaire universel, dont le montant serait attaché à la qualification personnelle et non plus au poste de travail occupé, a été pensé pour reconnaître le statut politique de « producteur de valeur » à l’ensemble des membres d’une communauté. Il aurait pour conséquence mécanique l’abolition du marché du travail, et donc du chômage, en reconnaissant le travail effectué en dehors du cadre d’un emploi » (1)
A nos yeux le principe du salaire à vie pose quelques difficultés, mais comme nous partageons son objectif de lutter contre la précarité, nous n’avons jamais voulu créer de polémique. Or, nous sommes fréquemment incités à nous positionner, voire à soutenir la proposition.

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Ce qu’il faut de courage. Plaidoyer pour le revenu universel

De revenu universel, il n’est finalement qu’assez peu question dans ce plaidoyer rédigé par l’ex-candidat à la présidentielle. On ne s’étonnera pas dès lors que, bien plus que sur les volets les philosophique, écologique ou économique, c’est sur le plaidoyer politique que Benoit Hamon est le meilleur et le plus incisif.
Benoit Hamon balaie en premier lieu l’ensemble des réalités problématiques de notre monde : relation à la valeur travail, toute puissance du système technicien, inégalités de droit et de fait, impuissance du système éducatif, impasse démocratique.
Sa défense sincère du revenu universel – dont il finit par dessiner les contours bien plus précisément que lors de sa campagne présidentielle – est aussi l’occasion de se poser en observateur de la politique mortifère de l’extrême-centrisme et de dresser en parallèle un projet politique, reprenant toute la rhétorique de gauche : laïcité, vivre-ensemble, émancipation par l’éducation, inversion des rapports de force…
Le lecteur objecteur de croissance ne sera pour autant pas dépaysé : Benoit Hamon convoque tour à tour Ellul, Illich, Gorz, Latouche, le MFRB, mentionne jusqu’à la DIA, et s’attaque en bonne et due forme au mythe de la croissance infinie dans un monde fini – on regrettera néanmoins qu’il préfère (pour se rendre audible du plus grand nombre ?) le terme de post-croissance à celui de décroissance.
L’ouvrage aborde finalement assez tardivement la question épineuse du comment (« comment le financer ? » « comment déterminer son montant ou sa nature ») en réaffirmant qu’il ne s’agit jamais d’un prodige comptable mais d’une décision souveraine, mais en ne s’exonérant pas d’une démonstration.
Dans l’ensemble, l’auteur se concentre principalement sur le pourquoi, sur le pourquoi pas, en répondant frontalement aux critiques venues de la gauche, et sur les conséquences concrètes de l’instauration d’un revenu universel. Et au fond, c’est sans doute cette bataille là qu’il faut mener en premier lieu, une bataille pour une nouvelle conquête sociale, qui demande surtout du courage politique.

« Ce qu’il faut de courage. Plaidoyer pour le revenu universel. » Benoit Hamon, Editions des Equateurs, 250 p, 18€

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Exploring Degrowth – A critical guide

Back on this short interview by Anitra Nelson and Vincent about their new book « Exploring Degrowth – A critical guide ». During this conversation, they explain us their motives to write this book. Acknowledging the lack of academic litterature about Degrowth in the Anglo-Saxon world, they offer us a platform to understand in a better way what Degrowth is about. Written during the lockdown, this book has never been more relevant. « Exploring Degrowth – A critical guide » take the time to get out of the fantasies about Degrowth.

« We were trying to give birth and voice to a new world » (Anitra Nelson)

« The main goal of the book is to open the debate » (Vincent Liegey)

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La Décroissance : redonner le pouvoir au citoyen ?

Ce 20 février 2018, Vincent Liegey (ingénieur, conférencier, militant décroissant) était l’invité de la radio MicroRebelles (webradio alternative du Pas-de-Calais), un échange radiophonique qui prend tout son épaisseur au regard de la période d’incertitude que nous traversons.

Souvent raillé, parfois ignoré, la Décroissance suit sa progression. La crise de la Covid 19, sans parler des prochaines qui en découleront, nous révèle dans quelle impasse nous enferme notre modèle de société.

Dans cet entretien Vincent Liegey, chantre de la décroissance, nous donne des pistes de réflexion afin de nous réapproprier nos vies et notre destinée commune. Comment faire société, vivre ensemble dans une société post-covid et de post-croissance ? La Décroissance nous invite au débat. Elle redonne de la force aux convictions politiques et nous confère des outils intellectuels pour lutter contre la pensée dominante.

Faisons un pas de côté, sortons de nos prénotions et faisons nous confiance. Redonnons du pouvoir à notre citoyenneté …

https://www.micros-rebelles.fr/site/manifeste-pour-une-dotation-inconditionnelle-dautonomie/

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Nouvelle thèse sur la Décroissance, « Imaginer l’économie de demain : la décroissance », par Thimothée Parrique

Thimothée Parrique, compagnon de route, publie une thèse remarquable sur la Décroissance :  The Political Economy of Degrowth

Qu’est-ce que la décroissance et quelles sont ses implications pour l’économie politique ? Continuer la lecture

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